Egypte
Le président palestinien Mahmoud Abbas a évoqué Jérusalem-Est occupée jeudi au Caire avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et le roi Abdallah II de Jordanie, deux alliés des Etats-Unis qui pourraient rouvrir leur consulat général dans la Ville sainte.
Selon l'agence palestinienne Wafa, M. Abbas a dénoncé les "violations" d'Israël et les "agressions des colons (...) sous la protection de l'armée d'occupation", faisant référence aux Palestiniens menacés d'expulsion à Jérusalem-Est.
Les Palestiniens souhaitent faire de Jérusalem-Est, occupée depuis 1967 par Israël, la capitale de l'Etat auquel ils aspirent, tandis qu'Israël l'a décrétée "une et indivisible".
Ce sujet intéresse particulièrement la Jordanie car elle chapeaute le Waqf de Jérusalem, en charge de l'esplanade des Mosquées au coeur de la Vieille ville.
La Jordanie est le deuxième pays arabe à avoir signé la paix avec Israël en 1994, quinze ans après l'Egypte, qui a lancé mi-août une invitation au Premier ministre israélien Naftali Bennett --un événement très rare.
Jeudi, Saïd Abou Ali, chargé de la question palestinienne à la Ligue arabe, basée au Caire, mettait en garde contre la loi israélienne qui prévoit un "droit de propriété" aux juifs pouvant prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre de 1948.
Celle-ci "s'inscrit dans une politique de nettoyage ethnique et de déplacement forcé", a-t-il dit à la presse.
Une telle loi n'existe pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens pendant la guerre.
Les Palestiniens n'ont cessé de dénoncer un parti pris pro-israélien de Donald Trump. Aujourd'hui, pour les experts, il est peu probable que son successeur Joe Biden ravive un quelconque processus de paix, au point mort depuis 2014.
Après avoir déjà rétabli des millions de dollars d'aides aux Palestiniens, il pourrait également rouvrir à Jérusalem le consulat général américain chargé des affaires palestiniennes, fermé par M. Trump malgré la réprobation internationale.
Une réouverture que le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid a qualifié mercredi de "mauvaise idée". "Cela enverrait un mauvais message", a-t-il assuré, et pourrait "déstabiliser le gouvernement" israélien.
Par ailleurs, M. Sissi et le roi Abdallah II ont réaffirmé leur "soutien au président Mahmoud Abbas", écartant ainsi de fait le mouvement islamiste Hamas au pouvoir à Gaza.
Mais des échanges de tirs et des violences sporadiques perdurent. Dimanche, Israël a mené des raids sur Gaza après des lancers de ballons incendiaires vers son territoire depuis l'enclave sous blocus.
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