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Le Congo rêve de diversification économique

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Congo

Diamond cement a baissé ses rideaux. La fermeture de cette cimenterie est synonyme de chômage pour des habitants de Mindouli, dans le département du Pool, au Congo. Alors même que depuis 2014, le pays est victime d’une grave crise socio-économique.

"Les sources de revenus ne sont plus comme avant, les parents souffrent comme j’ai dit auparavant, pour avoir un peu d'argent, c’est très difficile.", explique Jeff Dihouidih, agriculteur résidant à Mindouli.

A quelques heures de la présidentielle dans leur pays, des congolais aspirent au changement. Ils sont nombreux à attendre du prochain président, des actes à même d’impulser une nouvelle dynamique économique.

"Nous demandons au prochain président de rétablir les choses. ’’, souligne Simone Samba. Une déclaration face à la mauvaise santé de leur pays. Pour beaucoup, les stratégies mises en place par les autorités n'ont pas apporté les résultats attendus.

Depuis des années en effet, le pays est victime entre autres, de ses choix en matière d’investissement.

"Nous avons un gros problème de choix de dépenses publiques dans notre pays, nous sommes beaucoup plus axés sur des investissements lourds, c'est-à-dire construire des routes, construire des infrastructures lourdes qui sont généralement surévaluées alors qu'investir dans l'agriculture ne la rend pas sursaturée.", explique l’activiste Brice Makosso.

Le développement du secteur primaire est justement au cœur du programme de l’actuel président qui brigue un nouveau mandat. L’idée est de réduire la dépendance du pays aux importations. Il s’agit aussi de diversifier l’économie pour atténuer sa dépendance au pétrole.

Des projets agricoles ont toujours été dans les tuyaux, mais leur matérialisation se fait toujours attendre. Alors que l’économie du congolaise bat de l’aile. L'année dernière, elle s'est contractée de 6,8 %, selon la Banque africaine de développement (BAD). Dans l'indice de développement humain 2020 de l'ONU, le Congo se classait 175e sur 189 pays.

Pourtant, en 2012, au plus fort du boom pétrolier, le PIB par habitant a culminé à 3 922 dollars, mais a dégringolé à 2 279 dollars en 2019, selon les chiffres de la Banque mondiale. Le gouvernement annonçait même à l’époque, l’existence d’une épargne issue de la manne pétrolière, destinée aux générations futures. Depuis, les autorités peinent à fournir des explications sur le sujet.

Seule certitude : la dette du pays est insoutenable. En 2020, elle avoisinait les 100 % du PIB. Selon les données de la Banque Mondiale, la dette publique congolaise en effet s’élevait à 6 milliards de dollars en décembre 2019. Le chiffre ne prend pas en compte les dettes contractées par la Société nationale de pétrole du pays, la SNPC, auprès des traders.

Le principe consiste à hypothéquer la production pétrolière pour obtenir de l’argent . Des prêts aux conditions souvent jugées opaques et aux taux d’intérêts très élevés. Le mécanisme a permis au pays d’obtenir en 2019 par exemple, 5 milliards de dollars. Glencor et Trafigura entre autres, sont les principaux acteurs en compétition. La dette congolaise détenue par ces entités représentait selon un rapport du FMI, 18 % du PIB du pays. Et plombe les négociations entre Brazzaville et l’institution financière.

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