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Au Zimbabwe, s'imposer dans des "métiers d'hommes"

Memory Mukateba, portant une portière de voiture dans son garage d'Harare.   -  
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Tsvangirayi Mukwazhi/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.

Zimbabwe

Au Zimbabwe, la place des femmes au sein de certains secteurs, traditionnellement masculin, est souvent remise en question par les clients. Mais des pionnières font bouger les lignes.

C'est une des rares femmes à conduire des camions au Zimbabwe, mais Molly Manatse n'aime pas que l'on lui rappelle qu'elle est une exception dans ce monde d'homme.

A 31 ans, cette conductrice de camions de la capitale Harare affirme que son genre ne change en rien son travail. "J'ai choisi cette carrière de chauffeur de camion, ça a toujours été un métier d'hommes. Mais pour moi, je veux qu'ils nous considèrent comme des conducteurs. Pas comme " une conductrice ou un conducteur", nous sommes tous des conducteurs. Nous faisons le même travail" affirme Molly Manatse. Son dernier emploi l'a emmené à quelques 1 700 kilomètres au Sud d'Harare, jusqu'à Durban, en Afrique du Sud.

"N__e vous limitez pas, tout est possible pour tout le monde! Si vous avez une passion pour quelque chose, même si c'est un travail à prédominance masculine, ne vous limitez pas!"

Avec une économie fragilisée plus que jamais par la Covid-19, Manatse, comme de nombreuses femmes, doit subvenir aux besoins de certains de ses proches, qui ont perdu leur emploi à cause du ralentissement économique.

Faire face aux préjugés

C'est aussi le cas de Memory Mukabeta. A 37 ans, la zimbabwéenne possède son propre garage. Mais dans ce milieu très majoritairement masculin, Memory doit faire face aux préjugés chaque jour.

"Quand ils entendent ma voix, ils s'attendent à ce qu'un homme réponde au téléphone, puis ils disent "je veux un carrossier", et je leur dis "c'est moi!" soupire Memory Mukateba. Ses clients masculins lui font difficilement confiance. "Quand je vais là-bas, ils vont évidemment douter, et nous devons les convaincre que nous allons faire du bon travail, que nous allons le faire, et ils vont me poser tellement de questions, qu'ils vont évidemment douter."

"Les clients sont censés avoir confiance en les capacités des femmes, comme moi. J'aimerais que mes clients croient en moi, que lorsqu'ils laissent leur véhicule ici, ils devraient simplement croire que je ferais mon travail de la même manière qu'un homme, c'est de la même manière que je vais le faire"

Si le Zimbabwe a approuvé des lois progressives sur l'égalité homme-femme au travail, ces dernières peinent encore à être appliquées.

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