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Niger : trois opposants incarcérés, d'autres relâchés

Niger : trois opposants incarcérés, d'autres relâchés
Le président du MNSD, Seyni Oumarou, le président de la CDS, Mahamane Ousmane et l'ancien président de l'Assemblée nationale, Hama Amadou   -  
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BOUREIMA HAMA/AFP

Niger

L'opposition nigérienne a dénoncé mercredi l'incarcération de trois de ses militants après plusieurs jours de garde à vue, à la suite des troubles ayant éclaté à Niamey au lendemain de l'élection présidentielle.

Le général à la retraite Moumouni Boureima, ancien chef d'état-major des armées, a été incarcéré à la prison de Ouallam (nord de Niamey), Abdou Maman à la prison de Kollo (sud de Niamey) et Seydou Tahirou Mayaki, un ex-colonel des douanes, à la prison de Say (sud de Niamey), selon un communiqué des députés de l'opposition. Les députés ont également dénoncé "la déportation" lundi de l'opposant et ancien Premier ministre Hama Amadou à la prison de Filingué, une zone désertique située à 200 km au nord de la capitale.

Hama Amadou, également ancien président de l'Assemblée nationale, est accusé par les autorités d'être le responsable des troubles qui ont éclaté après l'annonce le 23 février de la victoire du candidat du pouvoir Mohamed Bazoum au second tour de la présidentielle, face à l'ex-président Mahamane Ousmane soutenu par l'opposition.

Ces violences ont fait deux morts, entraîné des pillages de commerces, des destructions d'infrastructures et ont conduit à l'interpellation de 468 personnes, selon le ministre de l'Intérieur Alkache Alhada. Plusieurs opposants ont par ailleurs été remis en liberté, selon leurs entourages. Djibrilla Baré Maïnassara, candidat au premier tour qui a soutenu Mahamane Ousmane, a été "inculpé pour diffusion de données pouvant troubler l'ordre public mais laissé en liberté provisoire", selon son avocat.

A Zinder (centre), deuxième ville du Niger, une dizaine d'opposants interpellés après des troubles ont été inculpés par un juge d'instruction qui les a remis en liberté, selon Me Lirwana Abdourahamane, l'avocat de Mahamane Ousmane. Les chefs retenus contre eux sont notamment : "appel et incitation à un mouvement insurrectionnel, participation à un attroupement non autorisé, dégradation de biens publics et privés", a précisé l'avocat. Dans leur communiqué, les députés "exigent la libération immédiate et sans condition de tous les détenus".

La victoire de Mohamed Bazoum, dauphin du président sortant Mahamadou Issoufou, avec 55,7% des voix, est contestée par Mahamane Ousmane qui s'est proclamé vainqueur, revendiquant 50,3% des voix.

Par ailleurs, internet restait toujours coupé dans le pays mercredi. Les connexions ont été coupées le 23 février, jour de l'annonce des résultats.Les autorités n'ont toujours pas commenté cette coupure qui paralyse les communications et les transactions financières dans le pays, un des Etats les plus pauvres au monde.

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