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Des prothèses pour les victimes de la Révolution libyenne

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Libye

En Libye, un centre orthopédique ouvrira ses portes en mars pour fournir des prothèses aux victimes des conflits qui ont frappé le pays. Cet établissement basé dans la ville portuaire de Misrata permettra de pallier au manque d’équipements essentiels à la survie de milliers de personnes.

Le pays est dirigé depuis 2015 par deux autorités rivales : le Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU, et un pouvoir dans l'Est incarné par le maréchal Khalifa Haftar. Les affrontements ont fait des milliers d'amputés depuis 2011 en Libye. Le Centre national pour les prothèses doit être "officiellement ouvert en mars 2021" dans un bâtiment flambant neuf de Misrata pour offrir ses services aux victimes des combats notamment, explique à Al-Sadeq Al-Haddad, son directeur. "Plus de 3 000 amputés figurent sur nos listes" d'attente mais leur nombre est en réalité bien supérieur et "au moins 20% d'entre eux ont des handicaps nécessitant la pose d'une prothèse", estime-t-il.

C'est dans sa ville natale de Misrata que Radwan Jibril a été blessé à la jambe par des éclats d'obus. "C'était une expérience difficile, mais avec le temps, je me suis habitué à la prothèse, et l'important est de compenser. Je me suis tellement habitué à la prothèse, mais j'ai peur de ne plus pouvoir marcher si elle se brise même avec des béquilles", déclare le jeune poissonnier. "Malgré plusieurs séjours médicaux à l'étranger, l'amputation était inévitable car la blessure a été mal soignée. Ca a été un choc. On m'a posé une prothèse en Italie mais j'ai mis du temps à m'y faire".

Le directeur de ce centre orthopédique, Al-Sadeq al-Haddad, espère pouvoir fournir des prothèses à toutes les personnes amputées de Libye d’ici cinq ans. Le secteur de la santé en Libye étant en lambeaux après les multiples conflits, les Libyens blessés par la guerre sont souvent envoyés à l'étranger pour y être soignés aux frais de l'État. Le futur centre permettra au gouvernement d'économiser des "sommes importantes", selon le directeur. "Une équipe de spécialistes hongrois formera des techniciens et gérera un service de rééducation pendant un an", précise-t-il.

Et, pour répondre à une "demande d'aide croissante des amputés", un partenariat a été conclu avec le département de rééducation de l'université de Misrata, créé avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge et du GNA. Ce qui a déjà permis à nombre d'entre eux d'accéder à des soins à l'université. "Depuis 2016, 1 000 prothèses ont été posées" dans ce département par des techniciens libyens formés à l'étranger, souligne Al-Sadeq al-Haddad.

Badreddine Moftah, l'un de ces orthoprothésistes, a choisi son métier "après avoir rencontré tellement d'amputés depuis 2011". En 2019, il suit un stage d'un an en Allemagne puis regagne son pays pour y exercer. Malgré l'équipement rudimentaire du laboratoire universitaire, il fabrique minutieusement des emboîtures en plâtre pour recouvrir le moignon avant la pose d'une prothèse. Sous le regard attentif de deux étudiantes.

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