Soudan
**Le Premier ministre soudanais a fustigé la mainmise des militaires sur l’économie depuis des années. Signe de la détérioration des relations entre les civils et les militaires au sommet de l’État, observée ces derniers mois. Cette sortie intervient après le retrait du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme. **
Pour Abdallah Hamdock, cette sanction était l’une des conséquences de la mauvaise politique de l’ancien régime.
"Notre peuple a souffert de cette liste maudite (la liste américaine des États qui parrainent le terrorisme) pendant plus de 27 ans et aujourd'hui, nous faisons nos premiers pas pour réintégrer la société internationale, ce retour se fait avec dignité, car nous, en tant que peuple, n'avons jamais parrainé le terrorisme, nous sommes des gens passifs et nous avons toujours fait preuve d'hospitalité, mais c'est l’héritage du régime déchu », a déclaré Abdallah Hamdok, le Premier ministre soudanais.
Le chef de l’exécutif soudanais plaide pour le renforcement du pouvoir des civils dans la gestion des finances publiques. S’appuyant notamment sur la loi adoptée le 8 décembre par le congrès américain qui stipule qu' "un contrôle civil doit être établi sur les finances et les actifs appartenant aux forces de sécurité", dont l'armée.
Pour Abdallah HamdokI, il faut "transférer tout l'actionnariat des compagnies au ministère des Finances ou tout autre entité rendant des comptes au pouvoir civil ». La déclaration n'est pas fortuite : " Seulement 18 % des ressources de l'État sont aux mains du gouvernement", déplore le premier ministre.
L’armée et les services de sécurité contrôlent 250 sociétés dans des domaines vitaux tels que l'or, la gomme arabique, l'exportation de viande, la farine ou le sésame au Soudan selon la presse.
Ces entreprises sont exemptes d'impôts sur les bénéfices et opèrent dans une totale opacité avancent des médias, alors que le pays est plongé dans un marasme économique.
Problème, le chef de l’Etat soudanais s’oppose au transfert de ces entités au pouvoir civil donc au gouvernement. Seule concession acceptée par Le général Abdel Fattah al-Burhane, également chef de l'armée, le paiement des impôts par ces sociétés.
L’armée refuse donc de voir ses « vaches à lait » lui filer entre les mains au profit des civils. L’accord conclu en août entre les civils et les militaires semble battre de l’aile.
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