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Éthiopie : montée des tensions entre l’état et la région du Tigré

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Ethiopie

En Éthiopie, les élections au Tigré risquent de renforcer les tensions entre la région et le premier ministre du pays.

En forte contradiction avec le régime fédéral en place, le peuple de la région du Tigré dans le nord de l’Éthiopie, manifeste de plus en plus son envie d’indépendance par rapport à la politique menée par le premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de paix 2019 et au pouvoir depuis 2018.

Les Tigréens représentent 6% de la population (soit 110 millions d'habitants). Ils ont ensuite contrôlé la coalition au pouvoir pendant près de trois décennies, avant que des manifestations antigouvernementales ne débouchent sur la nomination de M. Abiy.

Le chef du Parti de l'indépendance du Tigré, Girmay Berhe, affirme que l'idée de sécession rencontre un vrai écho auprès des électeurs de la région.

"Tant de gens ont commencé à remettre en question l'Éthiopie elle-même, et beaucoup dans l'intelligentsia et la jeunesse, ont commencé à être d'accord avec notre analyse. En ce moment, l'acceptation est au-delà de nos espérances".

Un changement radical de posture politique s’opère depuis ces deux dernières années parmi les Tigréens. L'idée de sécession rencontre un vrai écho auprès des électeurs.

Mercredi auront donc lieu les élections de 190 sièges au parlement régional du Tigré, qui ont d’ailleurs été maintenues contre l’avis d’Addis Abeba qui en avait demandé le report pour soit disant cause de pandémie de Covid.

Les responsables tigréens montrent ainsi leur volonté croissante de diriger un état indépendant.

Ces derniers jours, le bureau du Premier ministre a ordonné à l'autorité des médias d'inciter les journalistes travaillant pour des médias étrangers à ne pas couvrir le scrutin.

La région a récemment adopté des mesures de lutte contre le coronavirus plus strictes que le reste du pays, avec une quarantaine obligatoire pour la plupart des visiteurs.

Le Tigré a aussi proposé à Riyad d'accueillir les ressortissants éthiopiens qui croupissent dans des centres de détention saoudiens, reprochant à M. Abiy de les avoir abandonnés à leur sort.

Cette tentation indépendantiste se reflète jusque dans l'improbable trajectoire de Asamnew Wondimu, diplomate éthiopien qui promeut depuis 24 ans son pays dans le monde entier. Aujourd’hui, il ne se sent plus en accord avec la politique de l’Éthiopie qui mène le pays a l’anarchie selon lui.

Au début de l'année, l'ancien ambassadeur est sorti de sa retraite pour diriger le nouveau bureau de liaison du Tigré, qui permet aux officiels de la région d'échanger avec des gouvernements étrangers, des chambres de commerce ou des organismes culturels.

D’autres personnalités comme Abraham Gebremedhin, un chanteur tigréen qui s'est fait un nom en plaidant pour l'unité nationale, considère que le gouvernement fédéral est à blâmer.

Il "met les Tigréens dos au mur d'une manière que je n'ai jamais vue", juge-t-il. "Avec ces mauvaises attitudes, ils pourraient rendre la sécession inévitable."

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