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RDC : l'ONU refuse d'amnistier les groupes armées de l'Est du Congo

La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC, Leila Zerrougui   -  
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AFP

Congo

La représentante de l’Organisation des Nations unies (ONU), en République démocratique du Congo (RDC), Leïla Zerrougui, a refusé l’amnistie préalable et l’intégration dans l’armée régulière des groupes armés pour instaurer la paix et la stabilité dans l’est du pays.

Mme Zerrougui a par ailleurs, dénoncé la mauvaise foi des chefs de guerre qui, selon elle, prétendent défendre leur communauté mais ne pensent « qu’à l’amnistie et au grade » qu’ils espèrent obtenir dans l’armée régulière en échange de leur désarmement.

_ « On ne peut pas continuer à récompenser les tueurs. Il ne faut pas récompenser le crime. Il faut arrêter cette intégration systématique dans l’armée et cette distribution de grades », a-t-elle poursuivi._

Une Mission de l’ONU est présente en RDC depuis 20 ans, pour protéger les civils menacés au quotidien par des dizaines de groupes armés, congolais, mais aussi d’origine ougandaise, rwandaise ou burundaise.

L'homme qui répare les femmes, menacé de mort

La Société civile congolaise a organisé ce jeudi, une marche en soutien au Docteur Denis Mukwege, à Bukavu, pour dénoncer des menaces de mort que subit le Prix Nobel de la Paix congolais.

Une occasion également de demander que le rapport Mapping de l’ONU soit remis sur la table. Ce rapport décrit les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en République démocratique du Congo (RDC) entre mars 1993 et juin 2003.

Denis Mukwege a réagit au sujet du meurtre d’élèves d'une école primaire, lors d’un échange de tirs entre les FARDC et un groupe de miliciens.

Ce Médecin, responsable de l’hôpital Panzi et Prix Nobel de la paix 2018, a déclaré ce jeudi 3 septembre que si les enfants ne sont pas protégés dans une société, celle-ci est appelée à disparaître.

Le Docteur Denis Mukwege fait l'objet de menaces de mort, depuis juillet dernier. Le gouvernement congolais a annoncé samedi l'ouverture d'enquêtes et la mise en place de mesures pour assurer la sécurité du prix Nobel de la Paix 2018.

Le 17 juillet, sur le site de sa fondation, le Dr Mukwege, avait appelé à la création d'un tribunal spécial pour la RDC, dénonçant les "atrocités de masse (...) commises dans un climat d'impunité généralisée" depuis le début des années 1990 dans le pays, théâtre de conflits régionaux et internes.

Ces violences ont "causé des millions de morts et de personnes déplacées, ainsi que des centaines de milliers de cas de viols", avait-il rappelé.

Le 31 juillet, Denis Mukwege avait dénoncé dans un communiqué des menaces et intimidations le visant et ses proches, reçues depuis un tweet quelques jours plus tôt dans lequel il dénonçait un nouveau massacre de civils dans la province du Sud-Kivu (Est).

"Ce sont les mêmes qui continuent à tuer en RDC", avait-il tweeté, après la mort de 18 civils à Kipupu, localité d'une région enclavée du Sud-Kivu où des violences opposent depuis un an des Congolais tutsi rwandophones, les Banyamulenge, et d'autres communautés locales comme les Babembe.

L'Est de la RDC a été l'épicentre de deux guerres régionales entre 1996 et 2003. Depuis, il est le théâtre de violences et d'atrocités commises par de nombreux groupes armés et milices, congolais et étrangers, pour des raisons ethniques, foncières ou pour le contrôle des ressources minières, dont les civils sont les principales victimes.

Le Dr Mukwege a échappé, en octobre 2012, à un attentat qui ciblait son domicile. Son gardien avait été tué par des assaillants.

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