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Les pêcheurs sénégalais et la "malédiction" du coronavirus

Les pêcheurs sénégalais et la "malédiction" du coronavirus

Sénégal

Au Sénégal, comme dans beaucoup de pays où la pêche reste un des moteurs de l‘économie, les professionnels du secteur subissent de plein fouet l’impact du coronavirus. Un mareyeur raconte son difficile quotidien.

Sur les berges de l’Atlantique, à Hann-Bel Air, aux portes de Dakar, Galaye Sarr attend désespérément l’arrivée d’une pirogue. Une situation presque inédite pour ce mareyeur sénégalais de 23 ans qui, comme tous les acteurs du secteur de la pêche, voit ses activités stagner au fil des semaines à cause du coronavirus. « Mes parents possèdent des pirogues et mes grands-frères partent attraper le poisson. Mais maintenant ils ont accostés, et ce, depuis longtemps, à cause du coronavirus. Puisque même s’ils attrapent des poissons, on ne peut plus le vendre. Alors ils restent chez nous. Seuls nous, les mareyeurs, venons travailler. Mais on ne gagne plus rien et tout ça à cause du coronavirus. », explique-t-il.

Illustration de ces difficultés, la chute des revenus à cause de l’impossibilité, pour lui, d‘écouler la marchandise faute d’acheteurs. Et la différence est énorme comparée à l’avant-crise. « Certains mois, j‘épargne jusqu‘à 100 000 Francs CFA, mais maintenant rien que pour avoir 20 000 Francs CFA pour vivre, c’est très difficile. On voit qu’il y a beaucoup de différences avec avant. On ne peut même plus vendre aux usines. Pourtant, c’est comme ça qu’on faisait tous nos bénéfices. Mais maintenant, on achète les poissons aux pêcheurs et on est obligé de les stocker ici. », regrette Galaye Sarr.

Certains mois, j'épargnais jusqu'à 100 000 Francs CFA, mais maintenant rien que pour avoir 20 000 Francs CFA pour vivre, c'est très difficile.

Une situation surtout due à la fermeture des frontières décidée par la plupart des pays dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Un coup dur pour les mareyeurs qui nagent dans une totale incertitude. « Ce poisson est un merlot noir. D’habitude, il est exporté et part vers l’Italie. Mais à cause du coronavirus, tous les vols ont été annulé et ce poisson n’a pas pu être exporté. Et tout ce que vous voyez de ce côté, ce sont des merlots noirs et beaucoup d’autres genres de toutes tailles. Mais nous n’avons pas pu les exporter. »

Tout en espérant une évolution rapide de la situation, Galaye reste partagé entre l’espoir de reprendre ses activités et la peur du virus. Le mareyeur sénégalais dit s’en remettre à Dieu pour mettre fin à ce qu’il qualifie de « malédiction. »

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