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Santé : bientôt un antivenin fabriqué au Kenya

Santé : bientôt un antivenin fabriqué au Kenya

Kenya

Enfin un sérum antivenin sorti des laboratoires kényans ! Un rêve qui pourrait devenir une réalité irréfutable de l’histoire d’ici 5 ans, rassure le Centre de recherche et d’intervention sur les morsures de serpent au Kenya (KSRIC).

Comté de Kitui, à 160 km à l’est de Nairobi. Ici, l’image de Mercy continue de remonter à la mémoire de chaque habitant malgré les semaines qui se sont déjà écoulées.

Mercy, c’est cette fillette de trois ans qui a récemment trouvé la mort après avoir été mordue par un serpent. Partie au marigot pour puiser de l’eau, Beth Mwende, la mère avait laissé son enfant endormie au lit. Sans toutefois imaginer que le méchant reptile injecterait à l’enfant le liquide de la mort.

La petite Mercy fait désormais partie des quelque 700 Kényans qui meurent chaque année des suites d’une morsure de serpent.

Mais en raison de la cohabitation des reptiles avec les humains du fait de la proximité de leur habitat, il est difficile de réduire les cas de morsure. Les autorités kényanes voudraient tout de même faire baisser le taux de mortalité liée aux morsures de serpents.

Et c’est la tâche à laquelle s’emploie ces dernières années le Centre de recherche et d’intervention sur les morsures de serpent au Kenya (KSRIC). Financé en partie par la Liverpool School of Tropical Medicine, le centre entend produire désormais ses propres sérums antivenin à partir de 2024.

« C’est un travail étrange ou risqué, mais après avoir constaté la mort de morsures de serpent au Kenya, j’ai décidé de consacrer toute ma vie à proposer une mesure de sauvetage qui aiderait ou empêcherait les gens de mourir des morsures de serpent », a ajouté Kepha, gestionnaire du centre.

Éluder la mésaventure de Sanofi

L’objectif principal est de rendre facilement accessible le sérum en s’attaquant au facteur prix. Car, explique Kepha, l’antivenin à venir devrait coûter trois fois moins cher que ceux importés vendus souvent à environ 100 dollars l’unité.

Lancé en 2010 par le français Sanofi, le FAV-Afrique sérum antivenin produit en Afrique n’a pas survécu à la loi de la concurrence imposée par des laboratoires asiatiques et latino-américains qui avaient misé sur le facteur prix, même si leurs produits étaient jugés moins efficaces que ceux de Sanofi.

« Un produit indien vendu au Ghana en remplacement de Sanofi a en fait augmenté le taux de mortalité par morsures de serpent », explique David Williams, responsable de Venom, un centre australien de collecte et de recherches sur le venin.

Reste au projet du KSRIC de tenir compte de ces paramètres afin de réduire la désolation semée en Afrique par les serpents (plus de 30 000 décès par année).

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