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Violences xénophobes : l'Afrique du Sud ferme son ambassade au Nigeria, par crainte de représailles

Violences xénophobes : l'Afrique du Sud ferme son ambassade au Nigeria, par crainte de représailles

Afrique du Sud

Pretoria a “fermé temporairement” ses missions diplomatiques au Nigeria, à la suite de “menaces” reçues en représailles aux violences xénophobes meurtrières de ces derniers jours en Afrique du Sud, où la situation continuait à se normaliser jeudi.

Mis à jour à 13h GMT

A Johannesburg, la principale ville sud-africaine et épicentre des récents pillages et attaques, la nuit de mercredi à jeudi a été relativement calme, à l’exception du pillage en grande banlieue, à Katlehong, d’un supermarché appartenant à une enseigne sud-africaine. Aucun autre incident majeur n’a été signalé dans l’immédiat.

“Le seul endroit où un groupe nous donne beaucoup de soucis est Katlehong”, a déclaré jeudi après-midi le responsable de la province de Johannesburg, David Makhura.

La police a encore renforcé ses effectifs pour tenter de mettre un terme définitif à ces violences qui ont éclaté dimanche soir à Johannesburg, avant de s‘étendre à la capitale Pretoria. Des dizaines de magasins, appartenant principalement à des étrangers, ont été pillés, et des camions brûlés dans la province du KwaZulu-Natal (est). 

Selon un dernier bilan de la police jeudi, au moins sept personnes ont été tuées et plus de 400 arrêtées. La nationalité des victimes n’a pas encore été communiquée.

Ces attaques ont provoqué l’indignation dans plusieurs pays africains, où les violences contre les intérêts sud-africains se poursuivaient.
En réaction, Pretoria a fermé temporairement ses missions diplomatiques au Nigeria.

“Après avoir reçu des informations et des menaces de la part de Nigérians, nous avons décidé de fermer temporairement” l’ambassade à Abuja et le consulat à Lagos, a déclaré jeudi à l’AFP le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères Lunga Ngqengelele.  

Le propriétaire d’une compagnie aérienne nigériane privée a offert d‘évacuer des Nigé

rians à bord d’un avion mis à leur disposition gratuitement, a annoncé de son côté le ministère nigérian des Affaires étrangères. 

Une manifestation jeudi devant l’ambassade sud-africaine à Abuja n’a toutefois réuni qu’une vingtaine de personnes, laissant penser que le mouvement anti-sud-africain au Nigeria s’essouffler.

Appels à l’apaisement

Les violences xénophobes ont provoqué de fortes tensions diplomatiques entre les deux géants africains, l’Afrique du Sud et le Nigeria. 

Mercredi, Abuja avait décidé de boycotter le Forum économique mondial Afrique, qui se tient cette semaine au Cap, la capitale parlementaire sud-africaine.

Sur le reste du continent, la colère contre les intérêts sud-africains continuait à s’exprimer jeudi. 

En République démocratique du Congo, le consulat d’Afrique du Sud et un magasin d’une enseigne sud-africaine ont été attaqués à Lubumbashi (sud-est), la deuxième ville du pays, a constaté un correspondant de l’AFP.

Plusieurs pays et personnalités africains ont fait part de leur inquiétude, appelant aussi à l’apaisement.

“Les incidents en cours en Afrique du Sud nous interpellent tous”, a réagi le président sénégalais Macky Sall. “Pour l’unité du continent et par respect à la sagesse africaine, j’invite à l’apaisement entre pays et peuples africains”, a-t-il ajouté. 

Le milliardaire nigérian Aliko Dangote a appelé à rejeter “la haine et toute forme d’attaque violente sur nos frères africains”, car “il ne peut y avoir de prospérité partagée et durable sans paix”.

Les autorités sud-africaines ont par ailleurs dénoncé jeudi les nombreuses “fake news” qui circulent dans le pays et sur le continent et “alimentent beaucoup de panique”.

L’Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, est le théâtre régulier de violences xénophobes, nourries par le fort taux de chômage (29%) et la pauvreté.

En 2015, sept personnes avaient été tuées au cours de pillages visant des commerces tenus par des étrangers à Johannesburg et à Durban (est). En 2008, des émeutes xénophobes avaient fait 62 morts dans le pays. 

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AFP

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