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Afrique du Sud : la xénophobie, une machine qui verrouille d'autres secteurs

Afrique du Sud : la xénophobie, une machine qui verrouille d'autres secteurs

Afrique du Sud

Diplomatie, culture, économie, … Comme les précédentes, les violences xénophobes en cours en Afrique du Sud affectent déjà de nombreux domaines. Et pourraient causer des blessures difficiles à panser.

L’Afrique du Sud a annoncé jeudi la fermeture « temporaire » de son ambassade au Nigeria. La faute aux menaces dont seraient victimes ses ressortissants au Nigeria. « Après avoir reçu des informations et des menaces de la part de Nigérians, nous avons décidé de fermer temporairement l’ambassade sud-africaine à Abuja et le consulat à Lagos », a expliqué Lunga Ngqengelele, porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères.

Des menaces consécutives à la montée de la xénophobie dans la Nation arc-en-ciel où depuis dimanche dernier, près de 5 étrangers ont déjà perdu la vie et de nombreux établissements commerciaux d‘étrangers ont été mis à sac par des Sud-Africains en colère contre le chômage qui touche près de 29 % de personnes dont plus de 50 % des jeunes.

En dépit des actes forts comme l’intervention de la police sud-africaine pour stopper la poursuite d’agressions xénophobes et les mesures prises par Abuja pour empêcher l’application de la loi du Talion, la décision de Pretoria résonne comme la première grosse conséquence diplomatique de ces violences xénophobes.

De là à enrayer la machine diplomatique, voire économique entre la première puissance industrielle du continent (Afrique du Sud) et la première puissance économique africaine (Nigeria). Mais aussi avec d’autres pays africains.

C’est le cas de la RDC dont le chef de l‘État Félix Tshisekedi aurait, d’après des médias,boycotté le 28è Forum Économique Mondial sur l’Afrique qui se tient du 4 au 6 septembre dans la ville africaine du Cap. Et selon certaines sources, d’autres pays dont le Malawi et le Rwanda auraient décidé de ne pas prendre part à ces retrouvailles destinées à réfléchir sur les politiques d’exploitation optimale du potentiel multiforme dont regorge l’Afrique.

Au-delà de la diplomatie

Les conséquences sont aussi extra-diplomatiques. Sur le plan sportif, la Fédération zambienne de football (FAZ) a annulé un match amical qui devrait se jouer samedi au Stade des héros nationaux de Lusaka entre les Chipolopolos zambiens et les Bafana Bafana sud-africains.

Dans le domaine culturel, c’est la star nigériane de l’Afrobeat Tiwa Savage qui, dans un tweet a décidé le 4 septembre dernier d’annuler sa participation au DSTV Delicious festival qui se tiendra les 21 et 22 septembre 2019 à Johannesburg.

« Je refuse de regarder le massacre barbare de mon peuple en Afrique du Sud. Pour cette raison, je ne participerai pas au DSTV Delicious festival de Johannesburg, le 21 septembre. Mes prières vont à toutes les victimes et à toutes les familles touchées par cela », a-t-elle écrit.

Ces réactions résument à elles seules jusqu‘à quel point toute l’Afrique ou presque semble très remontée contre cette xénophobie sud-africaine qui, par le passé a déjà fait d’importantes victimes (sept morts en 2015 et 62 en 2008).

Ce qui selon des observateurs va à l’encontre de la philosophie de Nelson Mandela axée sur la lutte contre l’apartheid et l’intolérance et/ou la haine sous toutes ses formes.

« En séjour à Cape Town pour un atelier sur la démocratie, je tiens à condamner les traitements xénophobes que subissent plusieurs immigrés africains. Nos destins sont liés et en ces temps de défis majeurs, nous avons besoin de fraternité. C’est aussi ça l’héritage de Madiba », a tweeté l’opposant congolais (RDC), Martin Fayulu.

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