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Religions : les femmes veulent une place de choix dans les instances dirigeantes

Religions : les femmes veulent une place de choix dans les instances dirigeantes

Allemagne

Des femmes du monde œuvrant dans le domaine religieux vent debout pour se frayer une place de choix au sein des instances dirigeantes des structures religieuses. Mais pas si facile.

Depuis le 20 août dernier, plus de 800 personnes sont réunies à Lindau en Allemagne. Venus de tous les quatre coins du globe, ce sont des membres du Conseil mondial de chefs religieux représentatifs, des chefs d‘État dont le président allemand Frank-Walter Steinmeier, des responsables d’ONG.

Ils ont fait le déplacement de la ville allemande pour prendre part à la dixième Assemblée mondiale de Religions pour la paix, une institution regroupant des religions dédiées à la promotion de la paix dans le monde.

Placées sous le thème « Prendre soin de notre avenir commun », ces retrouvailles comme les neuf précédentes qui se tiennent tous les six ans depuis la création de l’institution en 1970, mettront l’accent sur la coopération entre différentes religions pour la consolidation de la paix dans la planète.

Mais en attendant la clôture, cette Assemblée mondiale pourrait rester dans les annales. Notamment pour les femmes. Se sentant moins représentées dans les structures religieuses, les femmes ont pour la première fois exprimé de vive voix leur ardent désir d‘être suffisamment représentées dans l’univers religieux, surtout dans le Conseil mondial de chefs religieux représentatifs.

« Nous espérons que davantage de femmes feront partie du prochain Conseil mondial. Les femmes doivent devenir plus visibles lors de tous nos événements (religieux, NDLR)», a déclaré Mehrezia Labidi-Maiza, première vice-présidente de l’Assemblée constituante de la Tunisie.

Beaucoup d’obstacles

Avis partagé par de nombreuses autres femmes. « Nous voulons que les femmes s’impliquent davantage », a par exemple déclaré Layla Alkahafaij, députée irakienne et membre du bureau politique du Conseil suprême islamique d’Irak.

Des déclarations qui prouvent que malgré l’existence d’organisations féminines comme le réseau Femmes de Foi de Religion for Peace et l‘élection de Dr Azza Karam au poste de secrétaire générale des Religions pour la paix, la représentativité des femmes dans de hautes instances des structures religieuses, mieux l‘égalité et/ou l‘équité hommes-femmes, continue de se poser avec acuité partout dans le monde et quasiment dans toutes les religions.

Et les obstacles sont légion selon des experts. Tant ils ne datent pas d’aujourd’hui. « Au cours du premier millénaire, les hommes et les femmes participent ensemble aux missions de l’Église, à savoir l’enseignement, l’évangélisation, le gouvernement et la célébration. Puis, à partir du Moyen Âge, l’Église va se doter de structures hiérarchiques propres, pensées et dirigées par des hommes », constate Antoine Guggenheim, prêtre à Paris et cofondateur de UP for Humanness une association destinée à « éclairer l’humanité devant les questions que soulève la modernité ».

Même réalité dans d’autres religions comme l’islam. « Aujourd’hui, les femmes dans le monde musulman ne sont pas exclues de la réflexion sur l’islam, y compris celle amorcée au sein des institutions. Elles ont bien sûr le droit d’en parler, d’écrire des ouvrages sur le sujet. Mais le problème, c’est que leurs revendications égalitaires ne sont pas assez entendues », fait remarquer Razika Adnani philosophe islamologue et conférencière franco-algérienne, membre du conseil d’orientation de la Fondation de l’islam de France.

Comme quoi, le chemin qui doit mener la gente féminine au perchoir religieux semble encore bien long.