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Réforme de la Commission électorale : l'opposition ivoirienne furieuse contre l'UA

Réforme de la Commission électorale : l'opposition ivoirienne furieuse contre l'UA

Côte d'Ivoire

La nouvelle Commission électorale continue de diviser en Côte d’Ivoire. L’opposition réunie au sein des groupes parlementaires PDCI-RDA (de l’ancien président Henri Konan Bédié), Rassemblement et Vox Populi a notamment fustigé la sortie du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, qui s’est félicité de la nouvelle commission électorale ivoirienne.

Dans un communiqué diffusé ce jeudi 22 août, les opposants regrettent, en effet, une « immixtion personnelle du président de la Commission de l’Union africaine dans la grave situation qui prévaut, actuellement, sur la Commission électorale indépendante de la Côte d’Ivoire », estimant que le responsable de l’instance africaine ne maîtrise sûrement pas tous les leviers de la situation.

Le 19 août, sur le site internet de l’Union africaine, Moussa Faki a salué la prise en compte des recommandations de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples dans la nouvelle mouture de la Commission électorale ivoirienne (CEI). La nouvelle mouture à laquelle fait référence le patron de l’exécutif de l’UA est celle promulguée le 6 août dernier par le chef de l‘État ivoirien Alassane Ouattara, après l’adoption par l’Assemblée nationale et le Sénat d’une Commission électorale recomposée suite aux pourparlers avec l’opposition.

Sauf que, pour l’opposition, cette CEI nouvelle formule n’est pas représentative de la classe politique ivoirienne, offrant largement l’avantage au pouvoir actuel. « Le processus d’élaboration de la nouvelle loi sur la CEI s’est déroulé sans la participation des partis politiques de référence de l’opposition et sans les organisations représentatives de la société civile, en raison de divergences avec le gouvernement qui proposait une simple recomposition en lieu et place d’une véritable réforme de la CEI telle que stipulé dans l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme », détaille le communiqué des groupes parlementaires de l’opposition.

>>> LIRE AUSSI : Commission électorale en Côte d’Ivoire : le recours de l’opposition rejeté par le Conseil constitutionnel

Boycott de la nouvelle commission

Le 16 novembre 2016, la Cour africaine des droits de l’homme avait adoubé l’opposition ivoirienne, attestant la mainmise du régime actuel sur la Commission électorale. La justice régionale avait alors enjoint l‘État de Côte d’Ivoire de reformer la loi portant organisation, attribution et fonctionnement de la CEI afin qu’elle soit conforme aux instruments internationaux dont l’État ivoirien est partie prenante.

L’opposition ivoirienne s‘étonne ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine ne réagisse que maintenant, alors « qu’il n’avait pas jugé utile de se prononcer » lorsque le délai d’un an (18 novembre 2016 – 18 novembre 2017) accordé par la Cour africaine des droits de l’homme pour présenter une version améliorée de la CEI n’a pas été respecté.

Déboutés par le Conseil constitutionnel ivoirien, les trois groupes parlementaires, PDCI-RDA, Vox Populi et Rassemblement disent avoir déposé une requête auprès de la Cour africaine des droits de l’homme « aux fins de permettre à cette Haute juridiction régionale de juger de la conformité de cette loi avec ses injonctions. »

Sollicités pour la nomination de leurs représentants dès lundi prochain dans la nouvelle commission, les opposants ivoiriens ont opposé une fin de non-recevoir et entendent bien exploiter toutes les voies de recours possibles.

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