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Gabon – Kevazingo : début de vente du stock à polémique

Gabon – Kevazingo : début de vente du stock à polémique

Gabon

Le Gabon vient d’exporter vers la Chine des meubles fabriqués sur place à partir du kevazingo, ce bois précieux dont un important stock avait disparu au port de Libreville et secoué l’administration et la classe politique du pays.

Le trésor public gabonais sur le point de se renflouer. Selon le ministre gabonais des Forêts, de la Mer et de l’Environnement, Lee White, le pays pourrait encaisser sous peu plus de 200 milliards de francs CFA (environ 305 millions d’euros).

Grâce notamment à la vente en Chine des meubles fabriqués à partir du kevazingo par des usines singapouriennes, malaisiennes et chinoises installées au Gabon. Et les premiers containers de meubles ont été récemment expédiés vers la Chine pour un montant estimé à 60 millions de francs CFA (plus de 91 469 euros).

La transaction est déjà saluée comme un « geste fort » par des opérateurs économiques aussi bien gabonais qu‘étrangers, pour avoir obtenu l’autorisation d’exporter « des produits (finis) fabriqués au Gabon », selon Shi Yong Hoa, responsable d’une entreprise chinoise.

Cette politique pourrait également avoir un écho favorable à l‘étranger où des institutions comme l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) plaident en faveur de la transformation sur place non seulement des produits miniers, mais aussi d’autres matières premières comme le bois.

Et les procédures judiciaires en cours ?

Mais au-delà de ces réactions positives, la société civile gabonaise est loin d’ignorer que le bois dont la transaction est en cours, fait partie de ce que la presse a appelé « kevazingogate ». Allusion faite à la disparition en avril dernier au port d’Owendo (sud de Libreville) de 392 conteneurs contenant 5 000 m3 de bois de kevazingo abattus en toute illégalité.

D’où de nombreuses interrogations (voire craintes) quant à la suite des procédures judiciaires inhérentes au kevazingogate. « Le Ministre Lee White, vient-il d’enterrer le Kevazingogate ? À quel niveau de l’enquête judiciaire avant d’arriver à de telles décisions ? Quid de François Wu présenté comme le cerveau de la mafia chinoise du Kevazingogate ? Nous attendons la réponse », a écrit sur Twitter, Marc Ona Essangui, secrétaire exécutif de l’ONG Brainforest.

Le kevanzingogate avait provoqué des remous au sein de l’administration au point de conduire à la révocation de certains responsables dont Pierre Claver Maganga-Moussavou évincé du poste de vice-président de la République et de Guy Bertrand Mapangou, ancien ministre des Forêts, de la Mer et de l’Environnement. Ce dernier avait été remplacé par Lee White, un Anglais né à Manchester en 1966 qui a acquis la nationalité gabonaise en 2008.

>>> LIRE AUSSI : Gabon – Disparition de conteneurs de bois : Ali Bongo aux trousses des auteurs

L’industrie forestière occupe une place importante dans l‘économie de ce petit pays d’Afrique centrale dont 80 % des quelque 276 000 km2 sont couverts de forêt vierge composée de plusieurs essences.

Essence rare, le kevazingo qui a une durée maximale de 5 siècles avant d’atteindre une taille de 40 mètres, est interdit d’exploitation au Gabon. Mais un vœu pieux en raison de la forte demande dans des pays asiatiques dont la géante Chine qui a toujours juré par tous les saints de développer des partenariats « gagnants-gagnants » avec les pays africains.

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