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Boko Haram, de la secte islamiste au groupe armé

Boko Haram, de la secte islamiste au groupe armé

Nigeria

Le groupe jihadiste Boko Haram mène une lutte armée dans la région du lac Tchad, qui a dévasté de nombreuses villes et des pans entiers de territoires en dix ans.

Outre le Nigeria dont il est originaire, ses offensives se prolongent au carrefour du Niger, du Tchad et du Cameroun. A l’origine de nombreux raids et attentats-suicides, Boko Haram a longtemps utilisé les kidnappings de masse comme mode de recrutement.

Une faction dissidente, affiliée au groupe Etat islamique (EI), retranchée à la frontière avec le Niger et autour du lac Tchad concentre ses attaques contre les bases de l’armée et a fait des dizaines, voire des centaines de morts parmi les soldats nigérians depuis un an.

Depuis 2009 l’insurrection a fait au moins 27.000 morts et plus de deux millions de déplacés.

Secte radicale

Boko Haram signifie “l‘éducation occidentale est un péché” en haoussa, langue la plus répandue dans le nord du Nigeria.

Dans les années 1990, les prêches de son fondateur Mohammed Yusuf drainent de nombreux fidèles à Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno (nord-est). Mais on considère que Boko Haram est né en 2002, quand Yusuf commence à attirer l’attention des autorités.

Prônant un islam radical, il accuse les valeurs occidentales, instaurées par les colons britanniques, d‘être à l’origine des problèmes du pays, indépendant depuis 1960.

Il séduit la jeunesse désoeuvrée du nord-est du Nigeria, critiquant le régime central d’Abuja, gangréné par la corruption.

La répression, un tournant

En 2009, éclatent des affrontements entre Boko Haram et la police à Maiduguri. L’armée tue des centaines de personnes et capture Yusuf, exécuté sans jugement. Abubakar Shekau, son bras droit, lui succède.

Le mouvement devient clandestin, ses cadres rescapés s’enfuient à l‘étranger.

A leur sortie de clandestinité en 2010, les mouvements jihadistes internationaux sont en pleine expansion, rassemblés derrière Al-Qaïda. Abubakar Shekau ne veut plus seulement faire appliquer la loi islamique au Nigeria, mais s’engage à déstabiliser l’Etat avec une campagne de violences, de conversion en masse et de terreur.

S’ensuit une escalade, avec des dizaines d’attaques faisant plusieurs milliers de morts, prenant pour cibles des écoles, églises, mosquées et symboles de l’Etat et les forces de l’ordre, principalement dans le Nord et le Nord-Est. Le groupe emploie également des enfants ou des jeunes filles comme kamikazes pour perpétrer des attentats. 

Essor et allégeance à l’EI

L’enlèvement en avril 2014 de 276 adolescentes d’un lycée de Chibok (Etat de Borno), dont 57 se sont enfuies juste après, confère une notoriété mondiale à Boko Haram. Depuis, une centaine de lycéennes ont été libérées, échangées contre des prisonniers ou se sont échappées.

En août 2014, Boko Haram proclame un “califat” dans les zones sous son contrôle, comme le groupe EI en Irak et en Syrie.

L’organisation engrange les conquêtes territoriales dans le Nord-Est, qui devient totalement inaccessible. En mars 2015, elle fait allégeance à l’EI.

Des revers

Une offensive menée depuis 2015 par les armées de la région (Nigeria, Tchad, Cameroun, Niger) a permis de chasser les jihadistes de la plupart des localités dont ils s‘étaient emparés. Les attentats-suicides, raids sur les villages et enlèvements de masse n’ont pas cessé pour autant.

Des procès de membres présumés de Boko Haram ont démarré en octobre 2017. Plusieurs centaines de personnes ont été libérées faute de preuves et des milliers de personnes – dont plusieurs milliers d’enfants – attendent toujours de connaître leur sort. 

Montée en puissance d’ISWAP

Depuis 2016, Boko Haram connaît des divisions internes. En août, l’EI a désigné unilatéralement un nouveau chef, Abou Musab Al Barnaoui, fils du fondateur de Boko Haram, un camouflet pour Shekau. 

La faction historique de Shekau cible surtout les civils, tandis que celle d’Al Barnaoui, Groupe de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), cherche à s’attirer le soutien des populations locales, vise surtout l’armée.

Depuis juillet 2018 l’ISWAP intensifie ses attaques contre les bases militaires du Nord-Est et accumule un important arsenal. Le début de l’année 2019 a également été marqué par la mise à l‘écart d’Al Barnaoui, remplacé par un nouveau leadership réputé plus radical.

AFP