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CAN 2021 : Moses Simon en pôle position avec le Nigeria

CAN 2021 : Moses Simon en pôle position avec le Nigeria
Le défenseur centrafricain Saint-cyr Ngam-Ngam (à droite) défie l'attaquant du Nigeria Moses Simon   -  
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PIUS UTOMI EKPEI/AFP or licensors

Cameroun

"Mon père voulait que je m'engage dans l'armée, comme lui", raconte Moses Simon, mais ce petit gabarit tonique a préféré écumer l'Europe jusqu'à devenir un pilier du Nigeria, qui entame sa Coupe d'Afrique des Nations (CAN) par un choc contre l'Égypte, mardi à Garoua.

"Mon père adore le football mais il ne voulait pas que je joue. Il voulait que je m'engage dans l'armée, comme lui. Parce que la plupart des footballeurs de ma région n'ont pas réussi. Et ceux qui y sont parvenus n'ont pas fait bon usage de leur argent", se souvient l'ailier de Nantes (L1).

Mais Moses Simon a forgé son parcours patiemment, grade après grade, depuis les rues de la caserne de son père où il a commencé à dominer le ballon, jusqu'à cette affiche aux dix sacres à la CAN (sept trophées pour les Pharaons, trois pour les Super Eagles).

Vice-capitaine

Son père "pensait que je n'y arriverais pas, mais il ne m'avait jamais vu jouer", rigole-t-il. Soutenu par sa mère, il fonce tête baissée vers son rêve. Premier déclic, "quand j'étais en JS2 (2e année de collège, l'équivalent de la classe de 5e en France), j'ai été nommé vice-capitaine", rembobine-t-il. "C'est une énorme joie d'être vice-capitaine ! En JS2 !"

Avec ses premiers galons, "j'ai commencé à penser que j'avais un truc que les autres joueurs n'ont pas, c'est ce qui m'a poussé encore plus. Je suis allé en centre de formation, à Modrissa Academy", poursuit le joueur de 26 ans, "et au bout de quelques années je suis parti dans une Academy plus connue, dans l'État de Jos, GBS Academy".

Cap sur la Slovaquie

Pour Moses Simon, "c'est quand j'ai participé à des détections pour l'équipe nationale des moins de 20 ans que j'ai commencé à penser que je pouvais le faire". Remarqué par des recruteurs, il s'envole à l'été 2013, à tout juste 18 ans, pour un essai à l'Ajax Amsterdam. Mais ça coince "entre l'agent et le club" et il rentre au Nigeria.

Quelques mois plus tard, en compagnie de Kingsley Madu, un autre jeune Nigérian, il repart pour Trencin (1ère div. slovaque).A 18 ans, tous deux découvrent l'hiver. "Il faisait vraiment froid, mais on n'avait pas le choix, on a dû tenir ensemble et s'encourager". La Slovaquie "est vraiment un bon championnat, parfait pour développer les jeunes joueurs avant de pouvoir se montrer dans un plus grand championnat", assure-t-il.

Sprints ravageurs

En un an, il enchaîne 17 buts et 10 passes décisives. Dès janvier 2015, le voilà à La Gantoise (1ère div. belge), où ses statistiques sont plus fluctuantes, et où sont nées ses deux filles. Ses sprints ravageurs lui valent d'intégrer l'équipe nationale dès le printemps 2015, à 19 ans, et de s'y installer durablement, même si une blessure à la cuisse au printemps 2018 l'a privé du Mondial.

Après un passage raté à Levante en Espagne, il vit une première saison tout feu tout flamme à Nantes (neuf buts, huit passes décisives) avant un nouveau passage à vide l'an passé, avec des soucis physiques et une équipe en crise. Mais il reste toujours un bon soldat. "J'aime beaucoup ce joueur, il a un mental à toute épreuve", affirmait Gernot Rohr, sélectionneur du Nigeria depuis 2016 avant d'être écarté à quelques semaines de la CAN.

"Il est petit (1m68) mais il a un grand cœur. Il est très doué techniquement, physiquement avec sa vitesse, malgré son gabarit, regardez sa souplesse quand il célèbre un but", souriait le technicien franco-allemand. Moses Simon espère effectuer contre l'Égypte le fameux salto qui ponctue parfois ses buts...

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