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Depuis le 25 juillet, la Tunisie attend un nouveau gouvernement

L'une des rues habituellement fréquentées de la Médina, à Tunis.   -  
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Copyright : Africanews Photo tirée du reportage Africanews / Euronews / Anelise Borges

Tunisie

Sans la présence de militaires stationnés devant l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) et près du Premier ministère vacant, difficile de croire que le pays traverse une nouvelle période critique de son histoire politique.

Depuis que le président Kaïs Saïed s'est octroyé les pleins pouvoirs, le 25 juillet, ses opposants ont crié à l'injustice. Mais pour beaucoup de Tunisiens, le président a fait un pari sur l'avenir du pays.

"Les choses vont mieux. Le président Kaïs Saïed est très bien, il arrête tous les voleurs", explique Abdelhamid Riahi, un vendeur du marché.

"Les voleurs" auxquels Abdelhamid Riahi fait référence sont des membres de l'élite politique tunisienne, dont l'image est désormais ternie par des années d'inaction et de mauvaise gestion.

"On a kidnappé la révolution". Abden Naceur Aouini est devenu l'un des symboles de la révolution tunisienne, déclenchée par un mouvement populaire qui a changé le visage d'une partie du monde arabe.

La nuit où l'ancien président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali a fui le pays, Abden Naceur a été le premier à défier le couvre-feu imposé par l'armée et sortir célébrer.

"Je me souviens de tout", continue l'avocat. "Je me souviens de tous les détails et du sentiment de victoire. J'ai été un leader syndical étudiant. J'ai été emprisonné et jugé deux fois. J'ai été battu tant de fois par la police de Ben Ali. Mais je n'ai jamais abandonné. J'ai insisté, depuis mes 18 ans jusqu'à la fuite de Ben Ali, je n'ai jamais abandonné la résistance et le combat."

Beaucoup de choses se sont passées depuis 10 ans... La monnaie tunisienne, le dinar, a perdu 50 % de sa valeur. Et la vie est devenue plus dure.

L'impact de la pandémie de coronavirus a poussé les Tunisiens à bout. Et ils ont exigé des changements radicaux. Mais des défis demeurent.

Pour Tahar Abdessalem, analyste politique, Kaïs Saïed assure qu'il n'a pas d'aspirations dictatoriales. "Et il insiste sur le fait qu'il respectera les libertés et les droits et qu'il travaillera pour assurer le bien-être de la population. Mais cela doit se traduire par des politiques publiques et c'est là que nous avons un problème, car les politiques publiques dépendent des institutions notamment pour répondre aux urgences financières, sanitaires, économiques et sociales. Elles exigent un gouvernement fort que nous n'avons pas encore."

Plombée par des mois d'impasse politique et une nouvelle vague de décès liés à la pandémie de Coronavirus, la Tunisie, doit maintenant prouver qu'elle continue de tirer les leçons du passé et de se reconstruire, encore plus forte.

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