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Tchad : quel avenir après le Maréchal Déby ?

Des officiers de l'armée tchadienne rendent hommage au défunt président tchadien Idriss Deby Itno lors des funérailles nationales à N'Djamena, le 23 avril 2021.   -  
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Tchad

Des tchadiens étaient inconsolables vendredi alors que le pays rendait un dernier hommage à Idris Déby Itno, son maréchal décédé après avoir été touché au front dans des combats contre les rebelles, après trois décennies de règne sans partage.

Si le corps du défunt président repose pour l’éternité depuis vendredi à Amdjarass, un village situé à environ 1 000 km de la capitale. A N’Djamena, justement, des appréhensions sur l’avenir du pays gagnent en ampleur. Tant le conseil militaire en charge de la gestion de la transition est loin de faire l’unanimité. Rebelles et soldats dissidents nourrissent les craintes des populations. ''C'est émouvant, c'est difficile. Nous espérons que le bon Dieu nous accordera son soutien pour que la stabilité et la paix continuent pour que les Tchadiens vivent dans l'unité, dans la paix.'', expliqueAbel Koumnoguina, habitant de N'Djamena.

Préserver la stabilité du pays, c’est ce que la communauté internationale, appelle de tous ses vœux, après avoir adoubé le général Mahamat Déby, fils de son père, devenu à 37 ans, le nouvel homme du Tchad. Une succession dynastique, aux antipodes des dispositions de la constitution mise en veilleuse dès l’annonce de la mort du Maréchal.

Pendant ce temps, des opposants qui dénoncent un coup d’Etat appellent au dialogue afin de trouver une formule pour une transition apaisée, gage de la stabilité du pays dans une région sahélienne en proie aux exactions des groupes djihadistes.

L'Union Africaine s'exprime

Une option soutenue par l’Union Africaine qui est sortie de son silence. Vendredi soir, le Conseil de paix et de sécurité a fait part de sa "grave préoccupation" quant à l'instauration d'un conseil militaire dirigé par le fils du défunt président.

Il appelle les forces de sécurité tchadiennes "à respecter le mandat et l'ordre constitutionnel, à s'engager rapidement dans un processus de restauration de l'ordre constitutionnel et de transfert du pouvoir politique aux autorités civiles."

Reste à savoir si le communiqué de l’UA suffit à faire fléchir les militaires ou si l’organisation continentale haussera davantage le ton avec, le cas échéant, des menaces, dont la suspension du pays de ses instances.

Après l’échec de sa médiation sur le grand barrage de la renaissance, Félix Tshisekedi**, **est devant un nouveau dossier épineux de sa présidence à la tête de l’union Africaine. Mais ici, il faudra composer avec des puissances occidentales qui auraient certainement déjà accordé leur vote de confiance à la gente tchadienne. Ménager un allié dans la lutte contre le terrorisme au Sahel peut être bien plus important que la nécessité de faire respecter un ‘’ article de la constitution du pays’’ aux yeux de certains.

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