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Idriss Déby Itno, le maréchal guerrier n'est plus

Le président tchadien Idriss Déby Itno saluant ses supporteurs le 11 Avril.   -  
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MARCO LONGARI/AFP or licensors -

Tchad

Après 30 ans de règne, le président tchadien est décédé après avoir été blessé lors de combats contre le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad. Retour sur un président guerrier accusé de s'accrocher au pouvoir.

Il était connu de tous comme le président de la république tchadienne, le chef suprême des armées. Ce mardi, le maréchal Idriss Déby Itno est décédé des suites de ses blessures après des combats contre les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) dans le Nord du pays.

Seulement quelques heures avant l'annonce de son décès à la télévision nationale, la Commission électorale le donnait vainqueur dans les élections présidentielles. 79,32% dès le premier tour, Idriss Déby Itno aurait entamé son sixième mandat à la tête du Tchad.

Arrivé en pouvoir le 1er décembre 1990, Idriss Déby, un ancien proche du président Hissène Habré, entre alors en dissidence armée et s'empare du pouvoir après l'entrée de ses troupes dans N'Djamena. En 1996, après une "transition démocratique", Idriss Déby est élu président lors du premier scrutin pluraliste et accueille une partie de ses adversaires au gouvernement. Il ne quittera plus la résidence présidentielle du Palais rose.

Un allié crucial dans la lutte anti-djihadiste

Sous la présidence du maréchal Déby, le Tchad est devenu un allié stratégique des puissances occidentales dans la lutte contre les groupes armés et les mouvements djihadistes. Depuis 2015, la capitale N'Djamena abrite le siège de l'opération Barkhane, assurant une base arrière importante des forces françaises dans la région.

Idriss Déby Itno s'était également confronté à des défis militaires de taille sur plusieurs fronts. Dans le Basin du Lac Tchad, l'armée lutte depuis 2015 contre l'organisation Etat Islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) et le groupe Boko Haram.

Le maréchal-président tchadien s'était aussi grandement impliqué au Sahel. Idriss Déby Itno avait pris la tête de l'organisation régionale du G5 Sahel et déployés 1 200 militaires tchadiens dans la zone des trois frontières (territoire à cheval sur le Mali, le Niger et le Burkina Faso) afin de participer à l'effort de lutte contre les groupes armés dans la bande sahélienne.

Ce déploiement, promis lors du sommet de Pau un an plus tôt avait été très mis en valeur par les autorités tchadiennes, avides de montrer leur implication dans la lutte contre les groupes armés actifs dans la région. Mais ce dernier a rapidement été entaché par des allégations de viols contre civils commises par des soldats tchadiens, confirmées par la suite par la Commission nationale des droits de l’Homme du Niger et la Force conjointe G5 Sahel.

Idriss Déby Itno, président indétrônable

Le président tchadien Idriss Déby était régulièrement accusé par l'opposition de diriger le Tchad d'une main de fer depuis son arrivée au pouvoir en 1990 lors du coup d’état qui a renversé Hissène Habré, et de s'accrocher au pouvoir coûte que coûte.

A l’approche du scrutin présidentiel de 2021, de nombreux opposants se sont retirés de la course à la présidence, invoquant un climat politique tendu. Ngarlejy Yorongar, ancien compagnon d'armes d'Idriss Déby en 1990, avait annoncé retirer sa candidature à cause de "l'injustice sociale et de l'insécurité que vivent les partis politiques de l'opposition".

Saleh Kebzabo, principal opposant et rival historique du président Déby, avait de son côté retiré sa candidature, dénonçant une "militarisation évidente du climat politique" au lendemain de la tentative d'arrestation d'un autre candidat déclaré, Yaya Dillo Djerou, dans un assaut meurtrier de la police et de l'armée contre son domicile de N'Djamena.

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