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Paul Kagamé allume la flamme au mémorial du génocide

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Simon Wohlfahrt / AFP

Rwanda

Le président rwandais Paul Kagamé et son épouse Jeannette ont pris part à la traditionnelle commémoration de la sombre période de l'histoire du pays des mille collines, secouée par un génocide il y a 27 ans en arrière.

Paul Kagamé a allumé la symbolique stèle qui orne le mémorial dédié à toutes les victimes tombées lors de ces mois de guerre civile. En trois mois, d’avril à juillet 1994, entre 800 000 et 1 million de tutsi ont été tués au Rwanda à l’initiative d’extrémistes Hutu, qui se trouvaient alors à la tête du pays. La France a ouvert au grand public d'importantes archives relatives à la situation au Rwanda entre 1990 et 1994, 27 ans jour pour jour après le début du génocide des Tutsi dans ce pays.

Il s'agit d'archives de l'ancien président François Mitterrand ainsi que celles de son premier ministre de l'époque Édouard Balladur qui sont ainsi ouvertes "avant l'expiration des délais prévus", comme l'indique un décret paru mercredi au Journal officiel.

Paul Kagamé salue le rapport Duclert

Plusieurs de ces documents, notamment des télégrammes diplomatiques et notes confidentielles, figuraient dans le rapport accablant sur le rôle de la France au Rwanda entre 1990 et 1994 rendu par une commission d'historiens fin mars. Le président rwandais Paul Kagame a salué mercredi le rapport Duclert, estimant qu'il "marque un important pas en avant vers une compréhension commune de ce qu'il s'est passé".

Ce rapport remis le 26 mars au président français Emmanuel Macron "marque aussi un changement, il montre un désir même chez les dirigeants en France d'avancer avec une bonne compréhension de ce qu'il s'est passé. Nous saluons cela. L'important est de continuer à travailler ensemble à documenter la vérité. C'est la vérité", a ajouté Paul Kagame dans son discours commémoratif.

Un rapport accablant pour la France

Le rapport français, dirigé par l'historien Vincent Duclert, est accablant pour les autorités françaises de l'époque. Après deux ans d'analyse d'archives, dont certaines n'avaient jusqu'à présent pas été ouvertes, la commission Duclert a conclu que si "rien ne vient démontrer" qu'elle s'est rendue complice du génocide, la France porte des "responsabilités lourdes et accablantes" dans la tragédie, notamment en étant "demeurée aveugle face à la préparation" du génocide.

"Les conclusions (de ce rapport) vont dans la même direction", a affirmé le président rwandais, qui était à l'époque du génocide le chef des rebelles tutsi du Front patriotique rwandais (FPR) qui combattait le régime extrémiste hutu. Le Rwanda aura aussi son mot à dire dans un avenir proche, peut-être lors de la troisième semaine de ce mois", a indiqué Paul Kagame, en référence à un rapport sur le sujet mené par une commission rwandaise.