Afrique du Sud
La justice sud-africaine a assigné à résidence mercredi pour une durée de trois ans un militant pro-euthanasie reconnu coupable des meurtres prémédités de trois personnes qu’il avait aidées à mourir.
Le juge John Hlophe, de la Haute Cour du Cap occidental (sud-ouest), a condamné Sean Davison à passer huit ans en résidence surveillée, dont cinq avec sursis.
Fondateur de Dignity SA, une association qui milite pour la légalisation de l’euthanasie en Afrique du Sud, Sean Davison a reconnu avoir aidé trois personnes à mourir entre 2013 et 2015, notamment un ami tétraplégique.
“Je sais que beaucoup de personnes ont été déçues que je décide de plaider coupable”, a-t-il déclaré mercredi à l’AFP, expliquant avoir pris cette décision pour tenter de réduire sa peine.
“J‘étais passible de la prison à vie (…). J’ai trois jeunes enfants et mes enfants veulent un père, pas un martyr”, a-t-il ajouté, remerciant les “milliers de gens en Afrique du Sud et dans le monde” qui lui ont apporté leur soutien.
Selon la presse locale, le juge l’a autorisé, dans le cadre de son assignation à résidence, à se rendre à son travail, à l‘église et à consulter un médecin.
Desmond Tutu pour le suicide assisté
“Mon procès ne va pas durer, mais les questions qu’il soulève ne vont pas disparaître tant que nous n’avons pas de loi humaine”, avait déclaré fin mai Sean Davison. Le droit à l’euthanasie est interdit en Afrique du Sud.
En mars 2015, un tribunal de Pretoria avait reconnu à un malade atteint d’un cancer le droit au suicide assisté. Mais le jugement était resté sans effet puisque le demandeur, Robin Stransham-Ford, un avocat à la retraite de 65 ans, était décédé naturellement quelques heures avant le verdict.
Saisie par le gouvernement sud-africain, la Cour suprême d’appel avait toutefois cassé ce jugement fin 2016.
L’une des personnalités sud-africaines les plus respectées, Desmond Tutu, prix Nobel de la paix et ancien archevêque anglican âgé de 87 ans, plaide pour le suicide assisté.
A ce jour, seuls quelques rares pays comme la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas, ainsi que certains Etats américains, autorisent l’euthanasie.
Contrairement à l’euthanasie, le suicide médicalement assisté signifie que le patient accomplit lui-même l’acte provoquant sa mort. Il est notamment autorisé en Suisse, d’autres pays tolérant l’euthanasie passive (le renoncement aux traitements qui entraîne la mort).
AFP
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