Cameroun
Il y a une “aggravation de la violence” dans les régions anglophones du Cameroun en conflit armé, a estimé l’ONU mardi, indiquant que huit élèves et treize religieuses ont été récemment enlevés puis libérés contre rançon.
“Nous sommes profondément préoccupés par l’aggravation de la violence dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun”, indique un communiqué du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU reçu mardi.
“Au cours des deux dernières semaines”, 8 élèves et un professeur d‘école ont été enlevés à Kumba, dans le Sud-Ouest, et “au moins” 13 religieuses non loin de Ndop, dans le Nord-Ouest, selon l’ONU.
“Ils ont tous été libérés par la suite, après que certains parents eurent payé des rançons et que le diocèse catholique de Kumba fut intervenu”, indique l’ONU.
Le communiqué note en outre que les forces de sécurité “auraient procédé à un certain nombre d’exécutions extrajudiciaires”.
Le 20 octobre à Rom (Nord-Ouest), quatre villageois auraient été tués par l’armée “lors d’un affrontement avec des groupes sécessionnistes armés”.
L’ONU a appelé les séparatistes “à s’abstenir de recourir à la violence” et l’armée “à répondre aux doléances de longue date des communautés de ces régions” par le dialogue.
Boycott du système éducatif
Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, une crise socio-politique sans précédent s’est installée fin 2016. Elle s’est transformée fin 2017 en conflit armé.
Des affrontements entre armée et séparatistes, regroupés en groupes épars dans la forêt équatoriale, s’y produisent quasiment tous les jours depuis plusieurs mois.
Les séparatistes ont décrété un boycottage des établissements scolaires, estimant que le système scolaire francophone marginalise les étudiants anglophones.
Les attaques de séparatistes armés contre des écoles sont nombreuses depuis le début du conflit. Début novembre, 90 élèves ont été enlevés par des hommes armés présumés séparatistes puis libérés dans le Nord-Ouest, dans des circonstances toujours floues.
Les autorités, qui qualifient les séparatistes de “terroristes”, ont procédé depuis début 2018 à un important déploiement de forces de sécurité pour “rétablir l’ordre”.
Selon des sources concordantes, aux séparatistes armés se sont ajoutés des bandes armées qui rackettent les populations et les entreprises.
Ce conflit, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur, a déjà forcé plus de 437.000 personnes à fuir leur domicile dans ces régions, selon des chiffres de l’ONU publiés début octobre.
AFP
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