Soudan
Alors que les violences se poursuivent et que la crise humanitaire s’aggrave au Soudan, l’ONU et la Suisse réunissent à Genève des représentants de puissances régionales et internationales pour tenter de faire avancer les efforts de paix. L’objectif : coordonner les initiatives diplomatiques et élaborer des solutions concrètes pour mettre fin au conflit, qui ravage le pays depuis avril 2023.
Mercredi 21 octobre, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Soudan, Pekka Haavisto, et des responsables suisses ont ouvert une nouvelle réunion réunissant 27 délégations. Les discussions visent à rapprocher les initiatives internationales et à définir une approche commune pour sortir de la guerre.
Pour les participants, l’enjeu est désormais de dépasser les déclarations d’intention et de parvenir à des mesures concrètes. Au-delà d’un éventuel cessez-le-feu, les échanges portent également sur les perspectives d’une transition politique fondée sur un dialogue inclusif entre Soudanais.
Ni l’armée soudanaise ni les Forces de soutien rapide (FSR), son adversaire paramilitaire, n’ont pris part à cette réunion. Depuis avril 2023, les deux camps s’affrontent dans un conflit qui a plongé le pays dans une grave crise humanitaire.
La violence du conflit a de nouveau été illustrée lundi 19 octobre par une frappe de drone sur le marché d’Amiet, dans la région disputée d’Abyei, à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud. Selon les informations rapportées par plusieurs médias, l’attaque a fait plus de 150 morts parmi les civils.
Survenue en milieu de matinée, vers 11 heures, la frappe aurait touché un carrefour commercial majeur ainsi qu’un dépôt de carburant voisin, provoquant un important incendie. L’armée soudanaise est accusée d’être responsable de l’attaque dans le cadre de ses affrontements avec les FSR. Les circonstances précises de la frappe et les responsabilités doivent toutefois être établies de manière indépendante.
Plus largement, l’utilisation croissante des drones par les deux camps accentue les risques pour les populations civiles. Selon les chiffres attribués à l’ONU, au moins 880 civils auraient été tués dans des frappes de drones depuis le début de l’année 2026, témoignant de l’intensification des combats.
Face à cette escalade militaire et à l’urgence humanitaire, la réunion de Genève vise à renforcer la coordination entre les acteurs internationaux, à favoriser une désescalade et à soutenir la recherche d’une solution politique durable.
Les participants souhaitent dépasser les déclarations de principe pour avancer vers des mesures concrètes, notamment la cessation des hostilités, l’accès humanitaire et la préparation d’une transition politique reposant sur un dialogue inclusif entre Soudanais.
Mais l’absence des deux principaux camps armés constitue un obstacle majeur. Sans leur participation directe, la mise en œuvre d’un éventuel accord reste incertaine. Alors que les violences se poursuivent sur plusieurs fronts, la question demeure de savoir si cette nouvelle initiative diplomatique permettra de rapprocher les parties et d’ouvrir la voie à une paix durable.
Famine, épidémies et déplacements de population
Au-delà des combats, le Soudan fait face à une crise alimentaire et sanitaire majeure. Selon les chiffres avancés dans les rapports humanitaires, plus de 755 000 personnes seraient confrontées à des conditions de famine extrêmes. Les pénuries alimentaires, les déplacements massifs de population et les difficultés d’accès aux services de santé aggravent la vulnérabilité des civils.
La propagation de maladies, notamment le choléra dans plusieurs régions, constitue une menace supplémentaire. Le manque d’eau potable, les conditions sanitaires précaires et la fragilisation des structures de santé compliquent la réponse aux épidémies.
Cette situation place l’aide humanitaire au cœur des priorités internationales. L’accès des organisations humanitaires aux populations touchées demeure essentiel pour répondre aux besoins alimentaires, médicaux et sanitaires.
Le conflit est également marqué par de graves accusations de violations du droit international humanitaire et des droits humains. Au Darfour, des enquêtes menées par des organisations internationales et des ONG, dont Amnesty International, ont documenté des meurtres, des violences sexuelles, des déplacements forcés et des attaques ciblant certaines communautés.
Des rapports font état d’actes susceptibles de relever du nettoyage ethnique. Des accusations de génocide ont également été formulées dans le contexte des violences visant certaines populations au Darfour. Ces qualifications reposent sur des enquêtes et des éléments propres à chaque situation et doivent être distinguées selon les conclusions des organismes concernés.
Ces allégations soulignent l’ampleur des enjeux de protection des civils et de lutte contre l’impunité dans un conflit où les populations sont exposées à des violences répétées.
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