Des centaines d’agriculteurs à Paris pour dire non à l’accord UE-Mercosur
Malgré une interdiction préfectorale, une centaine de tracteurs sont entrés dans la capitale avant l’aube. Les manifestants, mobilisés à l’appel de la Coordination rurale, réclament davantage de protection face à la concurrence étrangère et critiquent également la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, une maladie qui frappe les bovins. Au cœur de leur colère, un accord entre l’Union européenne et quatre pays d’Amérique du Sud : le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. Les agriculteurs redoutent l’arrivée de viande bovine, de volaille et de sucre à moindre coût, produits selon des normes qu’ils jugent moins contraignantes. La Commission européenne affirme que les règles sanitaires européennes resteront applicables et que les importations les plus sensibles seront limitées par des quotas. La tension est montée devant l’Assemblée nationale, où sa présidente Yaël Braun-Pivet a été huée par les manifestants. Emmanuel Macron a, quant à lui, annoncé que la France s’opposerait à l’accord lors du vote européen. Le mouvement a largement dépassé Paris. Selon le ministère de l’Intérieur, 2 200 agriculteurs et 625 tracteurs ont participé à 67 actions dans 39 départements. En fin de journée, la Coordination rurale a appelé ses membres à se retirer, sans pour autant renoncer à ses revendications.