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Wimbledon : Ons Jabeur dans l'histoire

Ons Jabeur est la première Africaine à atteindre la finale d'un tournoi du Grand Chelem   -  
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AFP -

Royaume-Uni

Ce sera une histoire de premières, samedi en finale dames de Wimbledon : la Tunisienne Ons Jabeur, première Africaine à jouer le titre d'un tournoi du Grand Chelem, affrontera Elena Rybakina, première représentante kazakhe à le faire.

Jeudi, sans une once de pitié, Ons Jabeur a battu en demi-finales son amie Tatjana Maria 6-2, 3-6, 6-1.

"C'est un rêve qui se réalise après des années de travail acharné et de sacrifices. Je suis heureuse que tout ça paye enfin et que je puisse jouer encore un match", a déclaré la Tunisienne de 27 ans.

"Je suis une fière femme tunisienne aujourd'hui. Je sais qu'en Tunisie ça doit être la folie en ce moment. J'essaie juste d'être autant que possible une source d'inspiration, je veux voir plus de joueurs arabes et africains sur le circuit", a-t-elle lancé avant de quitter le Centre Court.

Il ne lui reste plus qu'un match pour que le rêve devienne totalement réalité.

Et ce match, ce sera contre Elena Rybakina (23e) qui, pour sa deuxième participation, s'est hissée jusqu'en finale en écartant jeudi la lauréate 2019 Simona Halep (18e) 6-3, 6-3.

Son jeu puissant s'est avéré irrésistible cette année à Wimbledon.

Néanmoins, Rybakina, née en Russie et qui représente le Kazakhstan depuis 2018, se méfie de Jabeur. "C'est une grande joueuse, très difficile à jouer et il ne sera pas facile de contrer ses amorties et ses volées".

Jabeur, l'"Onstoppable" tunisienne

A 27 ans, Ons Jabeur est donc devenue la première nord-africaine et arabe, à parvenir en finale d'un tournoi majeur et ne perd jamais une occasion de rappeler ses origines.

Après sa victoire en finale à Berlin mi-juin, celle qui est devenue dans la foulée N.2 mondiale a convaincu le DJ du tournoi de diffuser du rap tunisien.

Et même si elle est désormais une célébrité, Jabeur n'oublie pas non plus qu'elle provient d'un pays pauvre, actuellement plongé dans une grave crise politico-économique.

Avant Wimbledon, elle a annoncé que son sponsor, Talan Tunisie, une entreprise d'informatique, allait verser 100 euros à chaque fois qu'elle réussirait un ace ou une "amortie" pendant le tournoi, pour rénover un lycée d'une région marginalisée du nord-ouest du pays.

L'été dernier, la droitière avait vendu deux de ses raquettes au profit d'hôpitaux locaux, quand la Tunisie était submergée par une vague particulièrement meurtrière de l'épidémie de Covid-19. "C'était un devoir pour moi d'aider mon pays", avait-elle expliqué après avoir réuni 27.000 dollars (environ 23.300 euros).

Dans un entretien avec l'AFP il y a un an à Tunis, elle se disait "très fière de représenter une nation entière, la Tunisie" aux JO de Tokyo, ainsi que "les Arabes et l'Afrique".

La première fois que Jabeur a crevé l'écran à l'international, c'était à l'Open d'Australie en janvier 2020.

A l'époque, elle est 78e mondiale et devient la première joueuse d'un pays du monde arabe à se qualifier pour les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem, avant de s'incliner face à l'Américaine Sofia Kenin, future lauréate du tournoi.

En juin 2021, elle remporte le tournoi WTA 250 de Birmingham, le premier titre sur le circuit principal pour une joueuse maghrébine.

En parvenant en 8e de finale à Wimbledon l'an passé, elle devient "Onstoppable" pour les internautes tunisiens, un jeu de mots entre son prénom et "unstoppable", "inarrêtable" en anglais.

A l'AFP, elle expliquait alors avoir "gagné en expérience et confiance" à partir de l'Open d'Australie: "Les autres joueuses ont commencé à avoir peur de jouer contre moi (...) Ma façon de jouer reflète ma personnalité".

Elle a confirmé à Wimbledon son goût pour un jeu audacieux plein de "changements de rythme", dans sa chronique pour la BBC : "Je n'aime pas beaucoup la routine. J'aime m'amuser et j'aime sourire. Je veux vraiment profiter de ces moments, sur et en dehors du court", a ajouté la joueuse, connue aussi pour son sens de l'humour.

Jabeur a un message pour la jeunesse tunisienne: "rien n'est impossible". "Durant ma carrière, nombreux sont ceux qui ont douté de mes capacités à arriver à ce niveau, mais ma confiance en moi et mon travail m'ont permis d'avancer", disait-elle aussi à l'AFP.

Née le 28 août 1994 à Ksar Hellal, la joueuse d'1,67 m pour 66 kg, a commencé très tôt le tennis, à Hammam Sousse, banlieue chic de la station balnéaire de Sousse.

A trois ans, son club a pour seuls terrains les courts de tennis des hôtels voisins.

Ses entraîneurs se souviennnent de sa rage de vaincre et de sa détermination.

A 10 ans, elle disait à sa mère qu'elle l'emmènerait "un jour boire un café à Roland-Garros", a raconté à l'AFP son entraîneur de l'époque, Nabil Mlika, 55 ans. "Elle l'a fait, c'est magique".

A 12 ans, la jeune prodige intègre le lycée sportif de El Menzah, à Tunis.

"Ce que l'on voit sur le terrain d'Ons, la guerrière, la combative qui se bat sur tous les points, c'est son caractère depuis toujours", a rappelé fin mai à l'AFP, Omar Laabidi, un ancien camarade qui était régulièrement battu par la jeune prodige.

Depuis son sacre à 16 ans dans le tournoi juniors de Roland-Garros en 2011, elle a quitté la Tunisie. Mais elle y revient régulièrement avec son entraîneur Issam Jalleli et son mari et préparateur physique, Karim Kamoun, tous les deux Tunisiens.

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