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Tchad : la lutte pour l'indemnisation des victimes de Hissène Habré continue

L'ancien président tchadien Hissène Habré.   -  
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Schalk Van Zuydam/AP2005

Tchad

À la mort de l'ancien homme fort du Tchad, Hissène Habré, le collectif des victimes de son régime s'est réuni dans la capitale Ndjamena , objectif faire pression sur l'Union africaine pour leur indemnisation.

Hissène Habré était incarcéré au Sénégal en vertu de sa condamnation le 30 mai 2016 à la prison à vie à l'issue d'un procès sans précédent à Dakar. Il avait été déclaré coupable de crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement. Une commission d'enquête tchadienne a chiffré à 40 000 morts le nombre des victimes de la répression sous le régime Habré. Il devait verser 33 000 dollars à chaque victime. Et sa disparition n'a pas l'air d'inquiéter l'avocate de ce collectif.

Il ne passera rien du tout, la lutte pour l’indemnisation va continuer parce que je crois qu'au niveau de l’Union Africaine, les chefs d'États africains ont créé un fond fiduciaire au profit des victimes, au profit de l’indemnisation des victimes de Hissène Habré, explique Jacqueline Moudeina, avocate des victimes.

Les victimes et leurs avocats soupçonnent que Hissène Habré était resté à la tête d'une fortune considérable et attendent toujours leur indemnisation.

En temps que victime, nous aurions souhaité que Hissène Habré puisse vivre longtemps et qu’il puisse assisté même à l’indemnisation des victimes. Dommage, il est parti très tôt, aux vues de sa condamnation à perpétuité, ça ne veut pas dire qu’il ne devrait pas partir si tôt, mais c'est Dieu qui a décidé ainsi donc il est parti alors nous déplorons son décès, mais la lutte continue, Jean Noyoma Kovounsouna, victime.

Hissène Habré, chassé en 1990 du pouvoir auquel il avait lui-même accédé par la force, avait trouvé refuge au Sénégal. Là, sous la pression internationale, les conditions de son procès avaient été créées et où il avait été arrêté en 2013 et inculpé par un tribunal spécial instauré en coopération avec l'Union africaine.

Sa famille et ses avocats réclamaient depuis des mois un autre régime que celui de la détention en invoquant son âge, sa santé déclinante et le risque de contamination par le Covid-19 en prison. Après la permission de rentrer chez lui à Dakar sous surveillance pendant 60 jours en 2020, la justice avait refusé une demande de libération en avril 2021.

Il est mort mardi à 79 ans.

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