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Mozambique : l'insécurité au Cabo Delgado a déplacé 570 000 personnes

Mozambique : l'insécurité au Cabo Delgado a déplacé 570 000 personnes
Plusieurs centaines de milliers de personnes ont été obligé de fuir les combats dans le Nord du pays.   -  
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ALFREDO ZUNIGA/AFP or licensors

Mozambique

C'est un constat effrayant pour l'une des crises sécuritaires oubliées du continent.

L'insécurité dans la province du Cabo Delgado, à l'extrême-nord du Mozambique a déplacé 570 000 personnes a déclaré le président Filipe Nyusi, qui a promis de venir à bout des combattants islamistes affiliés à des groupes djihadistes qui sèment la terreur dans le nord du pays depuis 2017.

Plus tôt dans la semaine, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés UNHCR avait alerté qu'au moins 424 000 avait fuit les provinces de Niassa, Nampula et de Pempa, frontalières du Cabo Delgado. Une crise qui pourrait déborder du Mozambique et devenir une menace régionale selon l'agence onusienne, qui a déjà commencé à trouver une réponse en accord pour lutter contre l’insurrection djihadiste signé par la Tanzanie et le Mozambique début décembre.

Repoussant l'armée gouvernementale, capturant des villes entières comme Mocimboa Da Praia, le groupe menace également des zones stratégiques de la province côtière du Cabo Degado, car riche en gaz. Celle-ci devraient abriter les installations gazières d'une valeur de 60 millions de dollars.

Selon le président mozambicain Filipe Nyusi, les islamistes armés qui terrorisent depuis trois ans le Cabo Delgado seraient dirigés par des Tanzaniens, qui travailleraient à radicaliser la population locale depuis 2012. S'adressant aux députés à l'occasion de son discours annuel sur l'état de la Nation, Filipe Nyusi a expliqué aux députés que le gouvernement était conscient dès 2012 du processus d'islamisation à l'oeuvre dans la province."La radicalisation était poursuivie par un citoyen tanzanien, Abdul Shakulo, qui incitait à désobéir aux lois et interdisait l'inscription des enfants musulmans dans les écoles publiques, affirmant qu'ils devaient étudier dans des madrasas", a-t-il affirmé.

"L'action criminelle de ces groupes qui se proclament islamistes a débuté en 2012. Le gouvernement du Mozambique connaissait déjà ce projet en 2012 et est parvenu à contenir son expansion jusqu'en 2017". C'est à partir de cette année que le groupe appelé localement "Al-Shabab" a mené sa première attaque armée, visant des postes de police de la ville portuaire de Mocimboa da Praia, tuant deux policiers.

Trouver la réponse face à la menace du Nord

Plusieurs pays ont proposé leur aide au Mozambique pour combattre l'insurrection islamiste, dont l'ancienne puissance coloniale le Portugal, les États-Unis, la Russie ou la France. Le président Filipe Nyusi a affirmé qu'il considérait toute offre d'aide dans la crise.

"Nous allons intensifier la coopération internationale pour combattre le terrorisme, tout en gardant en vue la priorité qui est de préserver notre intérêt national (...). Le gouvernement s'engage à intensifier la formation et l'équipement des forces de défense et de sécurité. C'est à nous de développer nos propres compétences. C'est à nous d'être en première ligne pour défendre notre pays", a insisté le président.

Par le passé, plusieurs entreprises de sécurité privé dont l'obscure groupe "Wagner" relié au Kremlin avait contribué à la lutte contre les insurgés du Cabo Delgado. Mais les défaites militaires n'ont fait que s'enchaîner.

Selon l'ONG ACLED qui a répertorié plus de 700 attaques depuis octobre 2017, le conflit aurait fait plus de 2 400 morts, dont plus de la moitié des civils.

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