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Cameroun – Mort d'un journaliste en détention : mobilisation tardive ?

Cameroun

En confirmant la mort en détention du journaliste anglophone Samuel Wazizi, des ONG appellent à la mobilisation des journalistes. Non sans s’attirer des critiques d’internautes. Voici pourquoi.

Reporters sans frontières (RSF) aussi convaincu de la mort de Samuel Wazizi. « Le journaliste Samuel Wazizi est bien mort pendant sa détention », a annoncé mercredi soir l’ONG de défense des droits des journalistes après la confirmation du Syndicat national des journalistes camerounais (SNCJ) et d’une chaîne de télévision privée.

Samuel Abuwe Ajiekha plus connu sous le nom de Wazizi avait été arrêté le 2 août 2019 à Buea, chef-lieu de la région d’expression anglaise du sud-ouest.

Le présentateur d‘émission en pidgin à la chaîne de télévision privée Chillen Media Television (CMTV) est poursuivi pour complicité avec les séparatistes anglophones. D’après RSF, il est accusé « d’avoir tenu sur sa chaîne des propos critiques à l‘égard des autorités sur leur gestion de la crise dans les régions anglophones du Cameroun ».

Après un séjour de quelque 300 jours en prison sans jugement, Wazizi aurait succombé aux sévices dont il aurait été victime durant sa détention.

Si les autorités n’ont pas encore confirmé ni infirmé l’information, des ONG camerounaises appellent les autorités camerounaises à éclairer la lanterne de l’opinion publique sur cette affaire qui pourrait déchaîner des passions tant au sein de la presse qu’au niveau politique camerounais.

« Le SNJC et l’Association camerounaise des journalistes anglophones (CAMASEJ) exigent une commission d’enquête nationale pour faire toute la lumière sur la mort de Wazizi. Nous voulons connaître le lieu, la date exacte, l’endroit où se trouve la dépouille ainsi que les circonstances de ce décès au plus tard le 4 juin 2020 à 18 heures », a écrit mercredi sur Twitter Denis Nkwebo, président du SNJC.

Deux ans après Mimi Mefo

D’où cet appel : « Tous les journalistes doivent se mobiliser pour répondre au mot d’ordre que le SNJC et CAMSEJ vont annoncer dans quelques heures ».

En attendant, les réseaux sociaux grouillent d’interrogations et de critiques. « Monsieur Nkwebo, qu’avez vous entrepris pour retrouver ce journaliste depuis sa disparition en tant que responsable de SNJC ? », s’interroge par exemple un internaute sur Twitter.

« Aidez-moi quand je suis encore en vie. N’attendez pas le jour de ma mort pour m’acheter le costume. Luttez pour les vivants ! D’autres sont encore en détention », a écrit sur Twitter un autre internaute.

Samuel Wazizi est le deuxième journaliste après Mimi Mefo en novembre 2018, à faire les frais de ce qu’on appelle abusivement ou à juste titre « crise anglophone ». Accusée d’avoir publié de fausses informations sur les affrontements entre l’armée et les milices séparatistes, elle avait été écrouée à la prison centrale de New Bell à Douala avant d‘être libérée après une forte mobilisation aussi bien au Cameroun qu‘à l‘étranger.

>>> LIRE AUSSI : Cameroun : la journaliste Mimi Mefo écrouée à la prison de New Bell à Douala

Mais Wazizi, mort ou vivant n’a pas encore eu la même chance que Mimi. Et la crise anglophone qui, depuis 2016, a déjà fait plus de 3 000 morts et plus de 700 000 déplacés semble encore loin de son épilogue. Alors que le triangle national est passé de la 131è à la 134è place sur 180 pays dans le classement RSF 2020 en matière de la liberté de la presse.

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