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Le Soudan ferme ses frontières avec la Libye et la Centrafrique

Le Soudan ferme ses frontières avec la Libye et la Centrafrique

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Le Soudan a décidé jeudi de fermer ses frontières avec la Libye et la Centrafrique pour des raisons de sécurité, la première mesure du genre prise par les nouvelles autorités soudanaises depuis la chute en avril du président Omar el-Béchir.

“Le Conseil souverain a ordonné la fermeture des frontières avec la Libye et la République centrafricaine en raison de la menace qu’elles représentent pour la sécurité et l‘économie du Soudan”, a indiqué cette instance dans un communiqué. 

Le Conseil a pris cette décision au cours d’une réunion avec le gouvernement local du Darfour-Sud tenue à Niyala, la capitale de cet Etat de l’ouest du Soudan.

Selon des informations de presse, de nombreux rebelles du Darfour, une région en conflit depuis plus 2003, sont passés ces dernières années en Libye pour renforcer leurs capacités militaires, certains même intégrant les forces de l’homme fort de l’est libyen, Khalifa Haftar.

Le conflit au Darfour avait été déclenché par des affrontements entre forces gouvernementales et rebelles issus de minorités ethniques et s’estimant marginalisés par le pouvoir. 

Les violences y ont sensiblement baissé ces dernières années mais des informations font régulièrement état du passage vers la Libye de migrants provenant de pays africains à travers cette région vaste et aride.

Le Soudan est un carrefour clé pour les routes migratoires qui connectent l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest à la Méditerranée et à l’Europe.

A partir de ce pays, les migrants rejoignent la Libye ou l’Egypte, d’où ils entrent en contact avec des passeurs qui les entassent sur des embarcations de fortune avant une périlleuse traversée en Méditerranée, en direction de l’Europe. 

Appui à des rebellions de pays voisins

Des forces paramilitaires soudanaises ont annoncé avoir arrêté la semaine dernière 138 Africains dont des dizaines de Soudanais cherchant à se rendre en Libye de manière illégale.

Lors d’une récente audience du procès en cours d’Omar el-Béchir jugé pour corruption, un témoin a déclaré que son entreprise, propriété de l’armée, avait fourni des équipements militaires à des pays voisins avec des fonds reçus de manière illégale par le président déchu.

Il n’a pas nommé ces pays mais selon des informations non confirmées, le régime Béchir aurait fourni des armes aux groupes rebelles en Centrafrique, pays en guerre depuis le renversement en 2013 du président François Bozizé par une coalition promusulmane, qui a entraîné une contre-offensive de milices prochrétiennes.

Depuis la signature en février entre rebelles et pouvoir d’un accord de paix, la Centrafrique connaît une relative accalmie mais la population est toujours victime de violences commises par les groupes armés qui contrôlent 70% du territoire. 

Porté au pouvoir en 1989 par un coup d’Etat, Omar el-Béchir a été destitué et arrêté par l’armée en avril sous la pression d’un mouvement de contestation qui avait été déclenché quatre mois plus tôt.

Le Soudan s’est doté en août du Conseil souverain, une instance à majorité civile appelée à superviser la transition, aux termes d’un accord entre un Conseil militaire qui avait succédé à M. Béchir et les meneurs de la contestation.

AFP