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Burkina Faso - affaire détenus morts à Ouagadougou : des policiers en font les frais

Burkina Faso - affaire détenus morts à Ouagadougou : des policiers en font les frais

Burkina Faso

L’affaire des détenus morts à Ouagadougou fait des vagues. De hauts gradés de la police burkinabè, dont le commandant de l’unité antidrogue et la directrice de la police judiciaire, se sont fait relever de leurs fonctions. Mais il n’y a pas qu’eux ; tous les policiers de garde ce jour-là connaissent eux aussi le même sort.

L’unité antidrogue de Ouagadougou est aux abois. Richard Belem, commandant de l’Unité antidrogue et Néné Ami Ouédraogo, directrice de la police judiciaire, tous deux commissaires de police, se sont vus déposséder de leur pouvoir. La même sanction a été appliquée à tous les agents de police présents le jour de la mort des onze détenus dans ce qu’il convient désormais d’appeler ‘‘l’affaire des détenus de Ouagadougou’‘.

En plus d‘être relevés de leurs fonctions, tous ont reçu une demande formelle d’explication, doublée de la radiation desdits agents de police de l’unité antidrogue de Ouagadougou.

Une enquête a été ouverte et, aux dires du gouvernement burkinabè, ces mesures ont été prises afin de permettre aux enquêteurs de mener à bien leurs investigations. D’après les propos du porte-parole du gouvernement rapportés par nos confrères de RFI (Radio France internationale), l’enquête administrative a pour buts de situer les responsabilités et d‘éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

Roch Marc Christian Kaboré, le président Burkinabè, a lui-même tiré sa conclusion. Pour lui, les onze détenus sont morts dans la mesure où ‘‘les règles en matière de mise en cellule n’ont pas été respectées’‘, ajoutant qu’un tel drame est ‘‘inacceptable’‘ et terminant en ces termes :
‘‘J’ai instruit que toute la chaîne qui relève du recouvrement de ce service soit suspendue.’‘

Le coup de massue de l’Union nationale de la police

Suite aux propos de M. Kaboré, l’opposition qui s’est exprimée sur l’affaire s’est voulue insatisfaite, parlant de mesures ‘‘utiles’‘, mais ‘‘insuffisantes’‘. D’ailleurs, Zéphirin Diabré, le président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC, opposition) et les siens brandissent la thèse du procès en justice, ainsi que celle des sanctions mémorables à prendre non seulement contre les auteurs du drame, mais aussi contre des autorités politiques qui seraient y impliquées.

Alors que l’enquête n’est encore qu‘à ses balbutiements, une réaction inattendue émane de la très respectée Union nationale de la police (Unp), l’un des très influents syndicats des fonctionnaires de police du Burkina Faso.

Dans un communiqué, l’Unp lâche une bombe, arguant que ‘‘les conditions de détention et de commodité du violon (la prison, NDLR), notamment l’hygiène, l’exiguïté, et l’aération’‘ ont été jugées très mauvaises par les survivants du drame. Et ce n’est pas tout : toujours dans son communiqué, l’Unp parle aussi de ‘‘déviances comportementales’‘ de la part des occupants du violon toute la nuit durant.

Les avocats Burkinabè se sont eux aussi penchés sur l’affaire, demandant une enquête efficace et la mise en branle des dispositifs médico-légaux afin de garder tous les éventuels indices et preuves en l‘état. Quant au gouvernement, il se porte garant pour une réelle application de toutes les mesures qui verront le jour une fois que les enquêteurs auront déposé leurs conclusions.

Nous y reviendrons.

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