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Mali : Dan Nan Ambassagou, la milice soupçonnée d'être derrière le massacre d'Ogossagou

Mali : Dan Nan Ambassagou, la milice soupçonnée d'être derrière le massacre d'Ogossagou

Mali

La milice Dogon du nom de Dan Nan Ambassagou, pointée du doigt par une association communautaire peule après le massacre de plus de 130 personnes dans le centre du Mali, a été dissoute ce dimanche par un Conseil des ministres extraordinaire. Que savons-nous de cette milice qui, faut-il le préciser, nie en bloc les accusations dont elle fait l’objet ? Explications dans cet article.

Dan Nan Ambassagou a vu le jour en décembre 2016 dans un contexte de vengeance et de frustration, à en croire Mamadou Goudienkilé, président de la coordination du mouvement de la milice d’autodéfense. Selon lui, le groupe est né ‘‘lorsque le pays dogon a été attaqué par les terroristes.’‘ Après cela, les Dogons se trouvent un chef d‘état-major en la personne de Youssouf Toloba.

Toujours selon Mamadou Goudienkilé, étant donné ‘‘l’absence de l’Etat et vu que l’armée n’était pas à la hauteur à l’époque’‘, la milice prend les devants en protégeant sa communauté contre les velléités expansionnistes des djihadistes du prédicateur peul Amadou Koufa.

Nous ne sommes pas pour autant responsables de ce massacre.

Mais la ‘‘noblesse’‘ de leur cause prend un coup en 2018, lorsqu’ils sont accusés par de nombreuses associations des droits humains et autres associations communautaires de crimes commis à l’encontre de civils Peuls. Pour leur part, les Dogons n’ont jamais reconnu ces faits.

En septembre de la même année, une lueur d’espoir pointe son nez à l’hozizon ; les Dogons (voir photo), qui signent un cessez-le-feu unilatéral, rencontrent à maintes reprises le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. But de la manœuvre ? Aboutir au désarmement.

Mais les vieux démons ont vite fait de se réveiller, le cessez-le-feu ayant été rompu. D’après certaines indiscrétions, Dan Nan Ambassagou posséderait une quarantaine de camps à travers les régions dogons. On en noterait dans les cercles de Douenza, Koro, Bandiagara et Bankass. Et c’est justement à Bankass que s’est déroulée la barbarie au cours de laquelle plus de 130 civils Peuls ont été massacrés. La réaction de Dan Nan Amassagou est aussi simple que sèche : ‘‘Nous ne sommes pas pour autant responsables de ce massacre.’‘

Jeunesse Tabital Pulaaku, une association de défense des droits des Peuls, ne doute pas une seconde quant à la responsabilité des chasseurs Dogons dans cette affaire. Diffusant à tous vents ses accusations sur la toile (précisément sur les réseaux sociaux, NDLR), Jeunesse Tabital Pulaaku fait savoir à qui veut l’entendre que les Dogons sont les seuls responsables de la brutale attaque du village d’Ogossagou.

Mais qui est donc derrière ce massacre ?

Mais il y a tout de même un doute qui plane, quant à savoir qui sont les Dogons responsables du massacre. A cette question, le président de la coordination nationale de Jeunesse Tabital Pulaaku répond comme suit : ‘‘C’était peut-être des chasseurs, mais pas ceux de Dan Nan Ambassagou.’‘

Mahamadou Diouara est un sociologue Malien. Il émet lui aussi des doutes quant à la responsabilité de la milice accusée dans cette affaire. ‘‘Il y a beaucoup de confusion parce que la tenue utilisée, le type d’arme utilisé et le mode opératoire renvoient à des analyses différentes.’‘, lâche-t-il. A partir de là, les soupçons qui planent sur Dan Nan Amassagou s’estompent légèrement. Du côté des autorités maliennes, on annonce l’ouverture d’une enquête.

Les Peuls (encore appelés Foulani) et les Dogons s’opposent depuis fort longtemps. Les premiers cités sont traditionnellement éleveurs et les seconds, agriculteurs et chasseurs.

Leur interminable querrelle a trois origines. D’abord, les Peuls sont accusés par les Dogons de saccager les champs en y faisant paître leur troupeaux dans le cadre de leur culture nomade, qui les oblige à dépalcer leurs bêtes au gré des saisons. L’autre origine du conflit vient du fait que les Peuls sont accusés (toujours par les Dogons) de complicité avec les djihadistes du prédicateur radical Amadou Koufa, lui aussi Peul.

La troisième cause de cet interminable conflit est souvent moins citée. Il s’agit de la guerre que se livrent ces deux communautés pour le contrôle de l’eau, dans un Mali en proie à la sécheresse, donc, à la raréfaction de l’eau potable.

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