Allemagne
L'avocate et juge sud-africaine Navanethem "Navi" Pillay a réagi vendredi à l'attribution du prix Nobel de la paix dans un tribunal de Nuremberg, en Allemagne.
« Quelqu'un vient de m'appeler pour me l'annoncer, et j'ai répondu : "Ce doit être une blague". Tout d’abord, dans cette salle, vos applaudissements comptent énormément pour moi. Vraiment. On ne souhaite recevoir un prix, une récompense ou quoi que ce soit d’autre que si le public estime que l’on le mérite. J’apprécie donc vraiment vos applaudissements aujourd’hui, merci beaucoup. »
Et de poursuivre : « Je trouve tout à fait approprié d’être entourée d’amis et de collègues qui défendent tous les droits humains. Ma dernière action a été la remise du rapport sur Gaza, dans lequel je qualifie ce qui s’y passe de génocide. »
La question du "génocide" à Gaza
Le comité Nobel de la paix a de son côté déclaré vendredi qu’il ne se prononçait pas sur la question de savoir si Israël commettait un génocide à Gaza, après avoir rendu hommage à la juge sud-africaine Navi Pillay, qui a présidé une commission de l’ONU ayant conclu à la validité de ces allégations.
« Il s’agit de son rapport, du rapport de la commission, et bien sûr nous avons une grande confiance en son professionnalisme, en son intégrité, mais ce travail relève d’une commission d’enquête de l’ONU », a déclaré à l’AFP Jorgen Watne Frydnes, président du Comité Nobel norvégien, lorsqu’on lui a demandé de commenter.
Il a ajouté qu’il appartenait aux tribunaux internationaux de se prononcer sur la question, soulignant que le Comité Nobel « n’est pas un tribunal ».
Navi Pillay a présidé la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien, qui ne s’exprime pas au nom de l’organisation mondiale et qui a conclu l’année dernière qu’un génocide était en cours à Gaza.
Israël a rejeté les conclusions du rapport, les qualifiant de « déformées et fausses ». Lors de l’annonce du prix, Jorgen Watne Frydnes a souligné que Navi Pillay avait présidé la commission, mais n’a fait aucune mention ni de Gaza ni d’Israël.
Il a toutefois mis en avant son travail au sein du Tribunal pénal international pour le Rwanda et le fait qu’elle siège actuellement à la Cour internationale de justice dans une affaire où la Birmanie est accusé de génocide.
« La lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites », a déclaré président du Comité Nobel norvégien lors d’une conférence de presse.
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