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La Zambie signe un accord sur le financement de la santé avec les États-Unis

Des lits d'hôpital restent inoccupés dans un service réservé aux patients atteints du choléra dans un hôpital public de Lusaka, en Zambie, samedi 9 mars 2024.   -  
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Etats-Unis d'Amérique

Les États-Unis et la Zambie ont signé jeudi un accord sur le financement de la santé après s'être entendus sur la suppression des clauses relatives au partage d'échantillons et aux données des patients qui avaient bloqué la conclusion de cet accord.

Le gouvernement zambien a également précisé que l’accord ne contenait aucune clause liée aux abondantes ressources minérales du pays, qui feront l’objet de négociations distinctes. La Zambie est le deuxième producteur de cuivre d’Afrique et l’on craignait que les États-Unis ne tentent de lier leur accord sanitaire avec ce pays à ses ressources minérales.

Le Département d’État américain a indiqué que l’accord s’élevait à un montant total de 2,49 milliards de dollars, les États-Unis apportant une contribution de 1,52 milliard de dollars et la Zambie investissant 975 millions de dollars dans son système de santé au cours des cinq prochaines années. Ce montant est légèrement inférieur aux 3,6 milliards de dollars évoqués par les responsables zambiens en début de semaine.

Cet accord s’inscrit dans le cadre de la stratégie « America First Global Health » de l’administration Trump, après le démantèlement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), qui était autrefois le plus grand donateur humanitaire au monde. Ces nouveaux accords visent à engager les pays africains à augmenter progressivement leurs dépenses en matière de services de santé, tandis que les États-Unis réduiront progressivement leur aide.

40 000 professionnels de santé seront recrutés

Mich Coker, chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Lusaka, a déclaré que ce partenariat portait également sur la sécurité et la prospérité communes. « Les maladies infectieuses ne connaissent pas de frontières. Un système de santé zambien solide constitue une première ligne de défense tant pour nos deux nations que pour l’ensemble de la région. En aidant la Zambie à détecter et à réagir rapidement aux épidémies, nous protégeons aussi bien les Américains que les Zambiens. »

Le ministre zambien de la Santé, Roma Chilengi, a indiqué que cet accord permettrait de soutenir le recrutement de 40 000 professionnels de santé au cours des cinq prochaines années, et qu’il ne contenait aucune clause susceptible de compromettre la sécurité de la Zambie par le partage de données. « Le gouvernement ne partagera aucun échantillon avec les États-Unis, car nous avons supprimé tous les aspects qui suscitaient des inquiétudes. »

Il a également rejeté les allégations selon lesquelles l’accord serait lié aux richesses minérales du pays, en particulier aux minerais stratégiques. Il a affirmé qu’aucune clause de ce type n’existait, pas même dans le projet initial. « En tant que ministère de la Santé, nous n’avons jamais, au grand jamais, vu de protocole d’accord faisant référence aux minerais. Il n’était absolument pas question d’un quelconque autre protocole d’accord. »

« Nous avons certes entendu parler de ces discussions dans l’opinion publique, mais les points litigieux portaient sur le partage des échantillons et la protection des données. » En 2025, les États-Unis ont annoncé qu’ils retiraient leur aide annuelle de 50 millions de dollars destinée au secteur de la santé zambien, en raison de ce qu’ils ont qualifié de « vol systémique » de médicaments et de fournitures médicales donnés.

La semaine dernière, le gouvernement a licencié l’ensemble des 150 employés de l’Agence zambienne des médicaments et des fournitures médicales, chargée de la distribution des médicaments et des fournitures médicales dans tout le pays.

Les États-Unis ont signé des accords de partage de données sanitaires et d’échantillons avec au moins neuf pays africains, les engageant à transmettre des données et des échantillons dans les cinq jours suivant une demande, selon les accords publiés par le Département d’État américain.

Les États-Unis affirment pouvoir ensuite transmettre ces données sanitaires et ces échantillons à un maximum de dix « entités non gouvernementales » américaines afin de développer des diagnostics et des traitements médicaux. Certains pays africains, dont le Zimbabwe, le Ghana et la Namibie, ont rejeté les accords sanitaires proposés par les États-Unis.