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En RDC, des musiciens handicapés réclament le fruit de leur succès

The members of Staff Benda Bilili pose for a group photo during a rehearsal in the popular district of N'djili, Kinshasa, on August 11, 2021   -  
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ARSENE MPIANA/AFP or licensors

République démocratique du Congo

Dix ans après leurs jours de gloire, le groupe de musiciens handicapés Staff Benda Bilili revendique les fruits de leur ancien succès, même si cela implique de se brouiller avec ceux qui les ont rendus célèbres.

Au début des années 2010, ces musiciens congolais handicapés, aujourd’hui sans domicile et circulant en fauteuils roulants, avaient chamboulé la rumba, enflammé les salles européennes et épaté le festival de Cannes. Des années après s’être séparés puis retrouvés, les Staff Benda Bilili rêvent de revenir sur le devant de la scène et réclament tous les fruits de leur succès d'antan.

Théophile Nzonga, chanteur et guitariste au sein du groupe précise que "malgré la séparation que nous avons eue, nous sommes maintenant ensemble avec Staff Benda Blili et nous avons toujours un album en préparation, et bientôt, nous serons en Europe, si Dieu le veut."

Malheureusement, après les achats de maisons, de vêtements et de voitures, l'argent des tournées et des disques a disparu, la vie est redevenue difficile pour les artistes.

Il y a dix ans le film qui les a rendus célèbres, "Benda Bilili", était présenté dans la catégorie documentaire au festival de Cannes. Jusqu’alors, les membres du groupe affirment n'avoir toujours rien perçu des diffusions et entrées en salles. Au risque de se brouiller avec ceux qui les ont rendus célèbres, le groupe entend batailler pour récupérer sa part des recettes tirées du film. Le contrat prévoyait que l’orchestre recevrait 10 %.

Une bataille qui se poursuit

Le français Renaud Barret, l’un des réalisateurs et producteurs du documentaire, affirme quant à lui avoir reçu son dû d’environ 25 000 euros, seulement après avoir bataillé près de dix ans avec les distributeurs.

Il déclare que,"évidemment, dès que les choses seront clarifiées, le pourcentage stipulé dans le papier sera respecté."

"Il faut comprendre que nous avons financé ce film par nos propres moyens. Donc même quand ils parlent de profit, cela n'a absolument rien à voir avec ce que nous avons mis sur la table, mais rien. Donc je ne vais pas pleurer, mais nous ne nous sommes pas remboursés de nos frais." a t-il ajouté.

En attendant, même s’ils jurent n'être en guerre contre personne, le groupe n’est pas d’accord avec la procédure à suivre pour récupérer cet argent. Les Staff Benda Bilili qui vivent de la mendicité, souhaitent obtenir satisfaction. L'avocate désormais chargée de porter leur dossier en justice, Me Mizou Bilongo Nsanda, explique que "nous allons assigner les producteurs devant le tribunal de commerce de Paris, et demander des dommages et intérêts."

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