République démocratique du Congo
La justice de la République démocratique du Congo (RDC) a renversé mercredi la décision prise la veille de placer en résidence surveillée l'ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon, soupçonné de détournement de fonds publics.
"L'ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon n'est plus en résidence surveillée. Le parquet général près de la Cour constitutionnelle en a décidé ainsi ce mercredi soir. Il est rentré à son domicile sans être accompagné par des policiers", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Laurent Onyemba. "Sa fuite n'est pas à craindre. Pour la suite de l'affaire, il répondra désormais aux invitations du parquet en homme libre", a indiqué à l'AFP un magistrat.
Dans la journée, l'AFP a consulté un mandat du parquet près la Cour constitutionnelle daté de mardi, qui ordonnait que Matata Ponyo Mapon "soit placé en état d'arrestation provisoire et assigné à résidence" à son domicile. "Ce dossier est fondamentalement politique. Nous comptons demander sa comparution en homme libre parce qu'il n'y a rien contre lui", avait commenté Me Laurent Onyemba.
La justice reproche à l'ancien Premier ministre d'avoir "payé plus de 110 millions de dollars à des créanciers fictifs, victimes de la zaïrianisation des entreprises étrangères" lorsqu'il était au gouvernement. "Ce qui est faux sur toute la ligne. Nous avons apporté toutes les preuves que la liste des créanciers, la certification des dettes nées de la zaïrianisation, bref tous les dossiers ont été préparés plusieurs années avant son arrivée au gouvernement", a encore expliqué Me Laurent Onyemba.
Zaïrianisation
La zaïrianisation est une mesure d'expropriation sans indemnisation d'entrepreneurs étrangers décidée dès 1973 par l'ancien dictateur Mobutu Sese Seko. Aujourd'hui sénateur, Matata Ponyo Mapon fut ministre des Finances de 2010 à 2012 et Premier ministre de 2012 à 2016 sous le mandat de l'ex-président Joseph Kabila. Les sénateurs congolais s'étaient prononcés contre des poursuites visant Matata Ponyo Mapon dans une première affaire.
Le 5 juillet, six membres du bureau du Sénat ont consenti à une demande du procureur près la Cour constitutionnelle de lever l'immunité parlementaire du sénateur Matata Ponyo Mapon. En RDC, la Cour constitutionnelle est le juge pénal du président et du Premier ministre pour les faits commis lorsqu'ils étaient en fonction.
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