Maroc
Le respect du code du travail et des normes sécuritaires par le secteur informel au Maroc fait débat depuis la mort lundi, de 28 travailleurs suite à l'inondation de leur usine clandestine à Tanger.
La CDT, la Confédération démocratique du Travail au Maroc, a dénoncé mardi, la prolifération d'ateliers "illégaux", "l'exploitation des travailleurs" et "l'absence de conditions de travail appropriées.
"La plupart de ces entreprises de production ne travaillent qu'au profit des patrons et ne donnent pas de droits aux travailleurs, il n'y a pas de déclaration de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale), pas de couverture médicale, et pas de mesures de sécurité, il n'y a rien, et je vous donne un exemple à Tanger : plus de 80 unités de production ne sont pas déclarées au sein de la délégation du travail, personne ne les contrôle ici à Tanger et donc ils font ce qu'ils veulent", explique Driss el-Wafy, syndicaliste dans le secteur textile à Tanger.
Les Marocains appellent les pouvoirs publics à plus de vigilance.
"Il y a des usines qui déclarent 20 personnes à la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) alors qu'elles emploient 50 ou 40 personnes, mais ce ne sont pas à l'origine des ateliers de misère", Abdelatif Saydi, technicien dans une laverie.
Accuser les entreprises reviendrait à soustraire l’Etat de ses responsabilités, disent certains. Mais pour les défenseurs des droits de l’homme, le non–respect des normes par ces usines constituent des crimes.
"S’ils ne sont pas autorisés, c'est considéré comme un crime, mais c'est aussi un crime s'ils sont autorisés, parce qu'ils ne respectent pas les conditions nécessaires à la production industrielle et qu'ils ne sont pas dans une zone industrielle", affirme Abdelaziz Janati, avocat et militant des droits de l'homme
Selon un récent rapport de la Banque centrale marocaine, le secteur informel représente un tiers du produit intérieur brut du royaume chérifien.
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