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Il y a un an, la crise du pain donnait le ton de la chute de Béchir

Il y a un an, la crise du pain donnait le ton de la chute de Béchir

Soudan

Mercredi 19 décembre 2018. Les rues d’Atbara, important centre ferroviaire du Soudan, bruitait de clameurs pour dénoncer l’augmentation effrénée des prix du pain. Cette revendication sociale au départ, a rapidement progressé pour devenir une revendication d’ordre politique qui a fini par emporter, au prix de nombreux morts, l’ancien président Omar el-Béchir. Flashback.

Le Soudan se rémémore ce jeudi le premier anniversaire de ce qu’on peut appeler « la révolution du pain ». De vives manifestations dont le lit était le triplement des prix du pain en raison du marasme économique, avaient pris pied à Atbara, mais aussi à Port-Soudan, puis à Nhoud (ouest), avant de gagner la capitale Khartoum et sa ville voisine d’Omdourman.

Face à l’ampleur de la protestation, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à bander leurs muscles, occasionnant de nombreuses violences dont des morts. Cette répression dans le sang n’a toutefois pas refroidi les ardeurs du peuple. Au cours de rassemblements quasi-quotidiens, les manifestants ont réclamé pendant plusieurs semaines, avec gourmandise la chute des prix du pain, et plus encore, la démission du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989 et accusé d’une dictature étouffante dont le symbole le plus représentatif est la guerre au Darfour pour laquelle il est recherché par la Cour pénale internationale (CPI).

Le 11 avril, le peuple soudanais tient une première victoire. L’armée retire son soutien à Omar el-Béchir et le destitue. Un Conseil militaire de transition est censé gérer les affaires courantes. Mais les trois dernières décennies passées sous le règne d’un régime militaire ne sont pas de nature à rassurer la protestation qui réclame dès lors un pouvoir civil.

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Le défi de la crise économique

Après une difficile série de pourparlers dans laquelle se fond une répression sanglante le 3 juin, un accord est finalement trouvé entre la protestation et les généraux, sous l‘égide d’une médiation de l’Ethiopie et de l’Union africaine.

Une “déclaration politique”, qui entérine le principe d’un partage du pouvoir, est signée le 17 juillet, prévoyant la création d’un Conseil souverain qui dirigera le pays pendant une transition de trois ans vers un pouvoir civil.

Le 17 août, le Conseil militaire et les meneurs de la contestation signent formellement l’accord de transition comprenant la nécessité de signer des accords de paix avec les groupes rebelles au Darfour (ouest) et dans les Etats du Nil Bleu et du Kordofan-Sud, frontaliers du Soudan du Sud.

Conséquences immédiates de cet accord, un Premier ministre est nommé, en la personne d’Abdallah Hamdok, un cessez-le-feu a été déclaré dans les régions en crise du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan-Sud et plus emblématique encore pour les manifestants, l’ancien président Béchir a été condamné pour corruption, son parti dissous et son régime « démantélé ».

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Toutefois, pour la protestation et tout le pays, s’engage une nouvelle bataille, celle de la renaissance économique. Car, en dépit des victoires engrangées, l’image de marque du Soudan n’est pas encore rétablie et le pays reste embourbé dans une crise économique. Un an après le début de la contestation, il subit encore les effets de l’embargo économique américain (1997-2017) : Washington le maintient sur sa liste noire des “Etats soutenant le terrorisme”, ce qui de facto l’exclut du système financier international et barre la route aux investissements étrangers.

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