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Égalité hommes-femmes en Tunisie : qui poursuivra le combat d'Essebsi ?

Égalité hommes-femmes en Tunisie : qui poursuivra le combat d'Essebsi ?

Tunisie

Le président tunisien aurait aimé faire voter la loi sur l‘égalité hommes-femmes dans son pays. Mais la mort vient de surprendre Beji Caïd Essebsi.

Le président tunisien Beji Caïd Essebsi n’est plus de ce monde. Ce, depuis la mi-journée de ce jeudi 25 juillet, ainsi que l’ont annoncé les autorités de Tunis. Survenu à 92 ans, ce décès suscite déjà des réactions.

L’une des premières vient de Berlin. « Nous pleurons avec le peuple tunisien le regretté président Essebsi. C‘était un acteur courageux sur le chemin de la démocratie. Cette figure importante de l’intégration mérite un hommage honorable », a réagi la chancelière allemande Angela Merkel.

Dans son pays, on pense avant tout à l’après Essebsi. « Il faut que toute la classe politique assume sa responsabilité durant cette période délicate », ont réagi des représentants de la société civile qui ont décidé d’annuler leur conférence de presse sur les blocages institutionnels à la suite du décès du président. Allusion à peine voilée à la crise qui pourrait naître de la vacance du pouvoir, étant donné que la Cour constitutionnelle, institution censée s’y pencher, n’est pas encore en place.

S’il y a une couche sociale tunisienne beaucoup plus affectée par la disparition d’Essebsi, c’est probablement la gent féminine. En 2014, trois ans après le Printemps arabe, cette révolution qui a mis fin au long règne de Ben Ali (1987-2011), Essebsi entre dans l’histoire comme le premier chef de l‘État démocratiquement élu de la Tunisie.

Fin d’un débat ou fin d’un combat ?

Une Tunisie qui, comme toute société arabo-musulmane est alors conservatrice, avec beaucoup de restrictions et/ou privations. Surtout à l‘égard des femmes. Essebsi décide alors de faire bouger les lignes.

Premier coup d’essai, premier coup de maître. L’avocat de carrière né en 1926 parvient à faire annuler une circulaire empêchant le mariage des Tunisiennes musulmanes avec des non-musulmans.

Élu « grâce aux femmes », comme il aimait à s’en féliciter, Essebsi décide de passer à la vitesse supérieure en matière de l‘égalité hommes-femmes. En août 2018, le natif du village Sidi Bou Saïd au nord-est de la Tunisie initie un projet de loi sur l‘égalité successorale entre hommes et femmes, alors que les textes en vigueur dont le code de la famille indiquent que les hommes héritent du double des femmes.

Saluée comme une première dans le monde arabe, la proposition d’Essebsi devrait s’inscrire dans le sillage des réformes initiées dans les années 1960 par Habib Bourguiba dont Essebsi était ministre de l’Intérieur. De quoi réconforter sa place dans le Panthéon des faiseurs de l’histoire en Tunisie.

Mais le texte n’a jamais été voté. Des observateurs indiquent même que le débat y afférent s’est enlisé au Parlement, bien que le gouvernement ait approuvé le projet de loi en février dernier.

Reste à savoir si le débat se poursuivra après Essebsi.

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