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Droits des enfants : les Congolais pleurent leur « maman »

Droits des enfants : les Congolais pleurent leur « maman »

Congo

Morte le 28 mai à 74 ans, Micheline Potignon Ngondo, ancienne députée (2002-2012) est loin d‘être si vite oubliée par des Congolais. Eux qui pensent à la loi sur la protection de l’enfant dont elle a été auteure.

L’humanité célèbre le 16 juin prochain la journée de l’enfant africain en mémoire du massacre en 1976 des enfants de Soweto en Afrique du Sud par le régime d’apartheid.

Mais, au Congo-Brazzaville, l‘édition de 2019 sera entachée par la disparition d’une défenseure des droits de l’enfant : l’ancienne députée Micheline Potignon Ngondo décédée le 28 mai à Pointe-Noire à l’aâge de 74 ans.

Un décès qui attriste déjà des Congolais. « Quoi ? Maman Potignon est décédée ! Qu’elle est cruelle, la mort ! », s’est exclamé le 30 mai, Isaac Ipolo (élève en terminale A), après avoir lu la triste nouvelle sur un site local annonçant la disparition.

« C’est un grand vide pour nous les enfants. C‘était la maman de tous les enfants du Congo », regrette encore l’enfant. « Tu resteras toujours la maman des enfants », renchérit sur facebook Rosa Massoudy, une jeune fille de Pointe-Noire.

Ce sentiment est partagé par d’autres Congolais qui lui vouent estime et considération pour la loi portant protection de l’enfance dont elle est auteure.

Baptisé, loi Potignon, le texte a été promulgué le 14 juin 2010. Composée de 131 articles, la loi énumère les droits fondamentaux de l’enfant, les différentes violations et les sanctions à infliger à des contrevenants. « La traite, la vente et toutes les formes d’exploitation de l’enfant sont interdites en République du Congo », peut-on par exemple lire à l’article 60.

Dans une société congolaise où des enfants sont privés des droits comme l’acte de naissance, l’alimentation, les loisirs et surtout l‘éducation, la loi Potignon est saluée par de nombreux Congolais comme étant le meilleur instrument juridique de protection de l’enfant.

Un outil « efficace » de protection des enfants

« J’ai lu ce texte qui intègre nos objectifs, prévoit des sanctions (amendes par exemple, Ndlr) et facilite en principe les actions en justice. C’est un outil supplémentaire et efficace en matière de protection de nos enfants », selon Alain Louganana, conseiller juridique à la Commission diocésaine justice et paix (CDJP), une ONG appartenant à l‘Église catholique au Congo.

« En tant que praticien du droit, j’avoue que ce texte est d’un apport important dans l’environnement juridique congolais. Il facilitera la tâche des tribunaux pour enfants et celle des avocats. Je suis sûr que je ne serai pas contredit par mes collègues en disant cela ! », déclarait aussi Anicet Balou, huissier de justice à Pointe-Noire.

Mais, l’estime dont jouit Potignon jusqu‘à son dernier souffle relève aussi du fait qu’elle « est l’une des rares parlementaires de ces dix dernières années à avoir proposé une loi. D’ordinaire, la plupart des lois qui sont votées dans notre pays émanent du gouvernement », selon Alain Louganana.

Décédée à 74 ans, l’actuelle conseillère municipale de Pointe-Noire, veuve, mère de quatre enfants et femme d’affaires (propriétaire de 3 hôtels de luxe) était aussi à la tête d’un centre préscolaire dédié aux enfants malentendants et handicapés moteurs et d’une ONG destinée à la prise en charge des enfants démunis.

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