Algérie
Dans une rue de la ville d'Oran, dans l'ouest de l'Algérie, l'acteur Amine Missoum convie tous les passants à prendre place pour assister à une pièce de théâtre de rue organisée par sa troupe. Objectif : ramener le théâtre de rue dans la ville afin de redonner vie à un art ancestral qui a depuis longtemps disparu de la plupart des régions d'Algérie.
Nous allons bientôt célébrer le 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, et il faut se rappeler que le goual [personne qui annonçait les nouvelles dans les rues dans le passé] et le meddah [poète de rue] étaient des personnages très importants dans la lutte contre le colonialisme. Ils jouaient des pièces dans la rue avec des messages sur la lutte contre le colonisateur, cela fait partie de notre tradition. Aujourd'hui, je porte les vêtements traditionnels que j'ai hérités de mon grand-père, et j'en suis très fier, affirme Amine Missoum.
De grands dramaturges algériens se sont inspirés du goual et du meddah à l'image d'Abderrahmane Kaki et Abdelkader Alloula, tous deux influencés par cette tradition, selon certains. Ces dernières années, des villes comme Alger, Bordj Boualem Arreridj et Sétif ont organisé des pièces de théâtre dans les rues par le biais d'associations. Ce qui a donné des idées au directeur du théâtre régional d'Oran.
Sa troupe monte désormais des pièces courtes dans des zones abandonnées, avec l'objectif à terme de voir se construire un théâtre similaire dans toute l'Algérie. Aux dires des organisateurs, ce spectacle de rue a de beaux jours devant lui.
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