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Rugby féminin : ces Camerounaises qui veulent plaquer les préjugés

La joueuse de rugby Alvine Kuekam Mache, Yaoundé, Cameroun, juillet 2022.   -  
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AFP -

Cameroun

Chaque semaine, Alvine Kuekam Maché pratique un sport peu répandu chez les femmes Camerounaises... le rugby. La jeune femme de 26 ans s'entraîne avec son club dans les environs de Yaoundé depuis quatre ans. Avec son 1,82 m et sa volonté de fer, elle s'emploie à plaquer les préjugés dans ce milieu que l'imaginaire collectif réserve aux hommes.

"Chaque fois, même dans ma propre famille les gens disent, non Alvine, depuis des années que tu joues au rugby, cela ne t'apporte pratiquement rien. Moi je leur dis que c'est ma passion, même si je n'ai pas commencé tôt. Mais j'aime le rugby, j'aime mon sport, j'aime ce que je fais.", explique la joueuse.

Difficile pour le ballon ovale de se faire une place dans ce pays où avec cinq victoires à la CAN (Coupe d'Afrique des Nations) et des stars internationales comme Samuel Eto'o, le football est roi.

Même si l'entraîneur d'Alvine déplore un manque de moyens, il mise sur la motivation de ses joueuses pour se hisser au-dessus de la mêlée. "Les familles sont vraiment réticentes mais avec la progression, elles acceptent malgré elles.", indique Landry Bissou Boaz, entraîneur de l'équipe Nfon Dreams Academy.

Pourtant l'équipe nationale féminine se défend bien. Selon World Rugby, l'organisme qui gère le rugby mondial, les Camerounaises se hissent au 26e rang, sur 61 nations contre l'équipe masculine qui se situe à la 104e place, sur 109 équipes.

Cette année, Alvine qui peut occuper à la fois des postes en première, deuxième et troisième lignes a été sélectionnée pour intégrer l'équipe national féminine du Cameroun. Mais pour le moment, elle ne touche que des primes et n'est pas capable de vivre de sa passion. Avec ses trois frères et sœurs, elle vit encore chez sa mère qui s'inquiète de la voir pratiquer ce sport.

"Je suis inquiète quand elle joue car elle revient à la maison avec des pieds abîmés. Elle va se coucher et nous ne pouvons pas l'aider.", explique Marie-Claire Nyondzo.

Alvine et ses co-équipières espèrent que leur passion gagnera du terrain et pourquoi pas à l'occasion d'un Championnat d'Afrique de Rugby à domicile.

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