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Ethiopie : le patrimoine tigréen en péril

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AFP

Ethiopie

Autre conséquence de la guerre au Tigré, le patrimoine culturel de la région pourrait être endommagé par les bombardements.

Elle aussi a connu les ravages de la guerre au Tigré. Fin novembre, alors que les soldats éthiopiens et érythréens prennent d'assaut la ville de Negash, située sur la route de Mekele, la mosquée al-Nejashi est frappée par un obus. Un trou béant éventre depuis l'emblématique dôme vert de la mosquée. Un spectacle déchirant pour Hajj Siraj Mohammed, qui en prend soin depuis 50 ans.

"Ce n'est pas seulement notre patrimoine mais plutôt le patrimoine du monde. C'est la deuxième Mecque", affirme t-il. "C'est très triste. Pas seulement pour nous mais toute la communauté musulmane dans le monde est choquée parce que cette mosquée a été bombardée."

Après les nombreux témoignages de massacres et de viols résultant de l'offensive contre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), les experts s'inquiètent du sort des lieux de culte de la région et d'un patrimoine culturel qui pourrait être endommagé faute de protection. La guerre, qui ravage la région depuis Novembre, met en danger des monastères et des célèbres églises creusées dans la roche.

En janvier, la radio-télévision officielle éthiopienne EBC a affirmé que la "junte" tigréenne avait délibérément mis en danger ce patrimoine, affirmant notamment que les combattants pro-TPLF avaient creusé des tranchées près de la mosquée al-Nejashi. Mais des habitants ont déclaré à l'AFP que c**es derniers avaient fui la zone** bien avant l'arrivée des troupes pro-gouvernementales. Selon eux, des soldats érythréens ont en revanche pillé la mosquée.

Certains experts craignent que d'autres sites aient subi des dégâts similaires, voire plus importants. Wolbert Smidt, ethno-historien spécialiste du Tigré à l'université de Jena (Allemagne), a reçu des informations concernant des tirs et des bombardements au monastère de Debre Damo, situé au nord de la ville d'Adigrat et datant du VIe siècle après J.C.

En janvier, plus de vingt chercheurs s'étaient eux inquiétés du sort de Debre Damo dans une lettre ouverte appelant à "sauver l'héritage culturel du Tigré". "I_l ne fait aucun doute que le conflit cause d'importants dégâts. (...) Mais puisque de nombreuses lignes de communications sont toujours coupées et que l'information provenant de la région est très limitée, il est difficile d'établir l'étendue réelle des pertes_", avaient-ils alors alerté.

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