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Mort d'un chercheur guinéen à Rouen : le père du suspect veut rencontrer la famille du défunt

Mort d'un chercheur guinéen à Rouen : le père du suspect veut rencontrer la famille du défunt

France

L‘émotion reste vive après l’agression tragique du chercheur guinéen Mamoudou Barry vendredi à Rouen, en France, peu avant la finale de la CAN 2019. Après une panoplie de versions, l’ombre se dissipe peu à peu sur les circonstances des faits. En attendant le verdict de l’enquête en cours, le père du suspect se dit prêt à rencontrer la famille du défunt.

On en sait un peu plus sur l’homme accusé d’avoir ôté la vie à Mamoudou Barry, chercheur guinéen installé en France. Damien A., âgé de 29 ans, un Français d’origine turque, était un employé temporaire dans le bâtiment. Connu des services de police, ce jeune homme aux antécédents psychiatriques a plusieurs fois été interpellé pour des délits mineurs en France.

Lundi, quelques heures seulement après son interpellation, il a été relaxé pour raison médicale avant d‘être hospitalisé. Dans la soirée, le procureur de Rouen Pascal Prache a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée de la victime à une ethnie ou une nation, une prétendue race ou religion déterminée”.

Vous les sales Noirs, on va vous niquer ce soir

En effet, pour l’heure, la bataille judiciaire se tient autour du mobile du meurtre. Pour la famille de la victime, il s’agit sans aucun doute d’un meurtre à caractère raciste. “Mais rien ne permet d‘établir que c’est en lien avec la finale de la CAN. Rien ne permet de dire aussi qu’il a été agressé par un supporteur algérien”, avait déclaré lundi Me Jonas Haddad, l’avocat de la famille.

Une thèse raciste que l’avocat du père du suspect remet en cause. “A considérer que le jeune homme que je connais ait été à l’origine des faits, j’ai un gros doute sur le mobile. Je ne pense pas que Damien puisse être à l’origine d’une agression raciste”, a ainsi déclaré à l’AFP Selçuk Demir, avocat de Mehmet A., père du suspect. “Le jeune homme a grandi dans un quartier populaire avec des gens d’origines et de confessions diverses. Je n’imagine pas une seconde qu’il ait pu agresser quelqu’un en raison de sa couleur ou de sa religion”, a poursuivi Me Demir, qui dit l’avoir défendu par le passé “pour des délits mineurs de jeunesse”.

Onde de choc

L’accusé encourt une peine de 20 ans de réclusion pour la nature de l’infraction. Son père a adressé ses condoléances à la famille du défunt. “Il a indiqué, par mon intermédiaire, qu’il était prêt à les rencontrer”, a indiqué Me Demir.

Vendredi soir, Mamoudou Barry, enseignant-chercheur à l’Université de Rouen-Normandie, a été invectivé par son agresseur, à la hauteur d’un arrêt de bus à Canteleu, alors qu’il rentrait chez lui en voiture avec son épouse, selon des proches de la victime et l’avocat.

“L’agresseur les a pointés du doigt et a dit : + Vous les sales Noirs, on va vous niquer ce soir +”, a expliqué Kalil Aissata Kéita, enseignant chercheur à l’Université de Rouen, lui aussi Guinéen et “ami proche” de la victime.
M. Barry serait descendu de sa voiture pour demander des explications.

L’agresseur “l’a frappé à coups de poings et de bouteilles”, puis, “la victime est mal tombée, il a perdu beaucoup de sang. Quelqu’un a tenté de lui faire un massage cardiaque”, a expliqué Me Jonas Haddad, avocat de la famille de Mamoudou Barry. Transporté à l’hôpital de Rouen, Barry, père d’une petite fille, est mort samedi.

Mamoudou Barry, âgé de 31 ans, avait soutenu une thèse de droit le 27 juin à Rouen sur les “politiques fiscales et douanières en matière d’investissements étrangers en Afrique francophone”, selon le site de l’Université.

Sa mort a suscité une véritable onde de choc, notamment en Afrique. Le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé s’est déclaré “très touché”, tandis que son gouvernement a dit suivre “de très près” l’enquête des autorités françaises. Au Sénégal, le chef de l’Etat Macky Sall a condamné sur Twitter un “crime odieux”.

Une marche blanche devrait être organisée vendredi à partir de l’Université de Rouen à 13h GMT.

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