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À Madagascar, la difficile lutte contre la rougeole

À Madagascar, la difficile lutte contre la rougeole

Madagascar

Les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l‘épidémie de rougeole dans le monde sont inquiétants. La maladie a bondi de 300 % le dernier trimestre. Et Madagascar ne fait pas exception à cette tendance à la hausse. Depuis septembre, l‘épidémie a déjà tué plus de 1 200 personnes dans le pays.

De septembre à février, plus de 79.000 cas de rougeole ont été enregistrés à Madagascar, dont 926 mortels. En avril, le bilan de l‘épidémie donne froid dans le dos : 115 000 cas ont été dépistés pour plus de 1 200 décès, faisant de l‘épidémie en cours la plus importante que Madagascar n’ait jamais connu.

Certes, cette flambée s’inscrit dans un cadre plus général où les cas de rougeole ont bondi de 700 % sur le continent africain, informe l’OMS dans son dernier rapport sur la maladie. Mais à Madagascar, la résistance de cette épidémie majeure est une combinaison de facteurs dont les principales sont la pauvreté et le manque d’informations.

L’épidémie continue malheureusement de s’étendre

“Il est souvent dit que la malnutrition fait le lit de la rougeole”, confie le docteur Dossou Vincent Sodjinou, épidémiologiste à l’OMS à Madagascar. Pourtant, à Madagascar, plus de 50 % des enfants sont malnutris rendant compliquée la lutte contre la maladie en raison de l’affaiblissement du système immunitaire des enfants.

La rougeole relève de l’infection bénigne si ses symptômes comme la fièvre et la toux sont traités à temps. Sinon, des maladies opportunistes – infections respiratoires ou diarrhées – profitent de la fragilité des malades. À Madagascar, où la moitié (47 %) des enfants de moins de 5 ans souffre de malnutrition chronique, elles font des ravages.

>>> LIRE AUSSI : Épidémie de rougeole à Madagascar

La promiscuité, facteur de propagation

Sauf que, dans l‘île de l’océan Indien, les croyances ont la peau dure. Certains parents ne croient pas en l’efficacité des vaccins et préfèrent se référer aux tradipraticiens. Une fois tous les recours de la médecine traditionnelle épuisés, ils se tournent alors vers la médecine moderne. Parfois, trop tard.

C’est le cas de Marie Lydia Zafisoa, 8 ans. “Sa mère a d’abord eu recours au + tradipraticien + qui a prescrit six bains par jour”, s’attriste la tante de la victime, Bana Tombo. Faute de résultat, le père de la fillette l’a finalement conduite au centre de soins. “C‘était trop tard, elle est décédée au cours de son transport”, poursuit la tante.

Le petit Adriano Luc Rakototsioharana, 7 mois, a eu plus de chance. Sa grand-mère Catherine a elle aussi épuisé tous les recours de la médecine traditionnelle avant de l’amener à l’hôpital. Très affaibli, il a survécu de justesse.

Dernier recours, la vaccination, offerte gracieusement par le gouvernement malgache. Mais son accès peut parfois être difficile pour les populations, notamment celles vivant dans des régions reculées du pays. Seulement 58 % des habitants de l’île principale de Madagascar ont été vaccinés contre la rougeole, un facteur majeur de la propagation de la maladie qui se transmet par la toux et les éternuements.

Dans un contexte de promiscuité sociale, “l’épidémie continue malheureusement de s’étendre”, a déclaré le docteur Dossou Vincent Sodjinou,“mais à un rythme moins rapide qu’il y a un mois”, a-t-il nuancé, mettant en avant les efforts du gouvernement.

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