En Haïti, plus de six millions de personnes souffrent de famine, alors que près de deux millions sont confrontées à une insécurité alimentaire atteignant des niveaux d’urgence, selon un rapport publié mercredi par la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire (IPC), une initiative de l'ONU.
Haïti : l'insécurité alimentaire atteint des niveaux d'urgence selon l'ONU
Le document avertit par ailleurs que 6,35 millions de personnes pourraient être confrontées à une famine sévère d’ici à la mi-2027 dans ce pays qui compte près de 12 millions d’âmes.
« Nous sommes confrontés à des facteurs profonds et aigus qui ont un impact sur l’insécurité alimentaire : la violence, les déplacements de population et les problèmes liés à l’insécurité qui entravent l’accès des populations aux marchés, à leurs terres et aux intrants agricoles. À cela s’ajoute un phénomène El Niño très intense, qui touche de nombreuses régions du monde. Il touche les Caraïbes et, pour Haïti, cela se traduit par des conditions bien plus sèches que la normale et des températures plus élevées », explique Rein Paulsen, directeur du Bureau des situations d’urgence et de la résilience de la FAO.
Face aux conditions météorologiques et aux autres difficultés qui affectent la production agricole, la FAO fournit non seulement des semences, mais aussi des volailles, des canards, des chèvres et d’autres animaux d’élevage afin d’aider les familles à subvenir à leurs besoins alimentaires et à générer des revenus.
« Les animaux présentent un intérêt particulier, car nous pouvons en fait les distribuer à tout moment. Nous n’avons pas besoin d’attendre la saison des semailles, et [les agriculteurs] peuvent s’en servir immédiatement. Il s’agit d’un lot de cinq poulets ou de deux chèvres qui leur permet de produire immédiatement un peu de lait, de récolter des œufs, mais aussi de produire de la viande pour leur propre consommation et pour la vente sur le marché », déclare Pierre Vauthier, représentant de la FAO en Haïti.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a indiqué qu’il avait besoin de 78 millions de dollars pour poursuivre ses opérations en Haïti jusqu’en mars.