Le Conseil de sécurité de l'ONU veut mettre fin à l'impunité dont bénéficient trop souvent les auteurs d'attaques contre les Casques bleus. Réuni mardi, il a adopté à l'unanimité une résolution visant à renforcer le suivi des enquêtes et des poursuites lorsque des membres des opérations de maintien de la paix sont tués ou blessés en mission.
L'ONU adopte à l’unanimité une résolution pour protéger les Casques bleus
Chaque année, les Nations Unies rendent hommage aux Casques bleus tombés au service de la paix. Mais bien souvent, les enquêtes sur les attaques dont ils sont victimes s'enlisent et les responsables échappent à la justice. Avec cette nouvelle résolution, portée par le Danemark et le Pakistan, le Conseil entend faire de la lutte contre l'impunité une priorité durable.
Le texte ne prévoit pas la création d'un tribunal ou d'un mécanisme judiciaire supplémentaire. Son objectif est avant tout politique : maintenir la pression sur les États et assurer un suivi régulier des enquêtes afin que ces crimes ne disparaissent pas de l'agenda international une fois l'émotion retombée.
« Les déclarations du Conseil sont importantes et les condoléances nécessaires, mais elles ne suffisent pas », a rappelé le représentant du Pakistan avant le vote. Selon lui, lorsque des Casques bleus sont pris pour cible dans des missions mandatées par le Conseil de sécurité, celui-ci doit continuer à suivre l'avancement des enquêtes, l'identification des auteurs et les procédures d'arrestation. « L'impunité pour de tels crimes ne peut être tolérée », a-t-il insisté.
Cette initiative intervient alors que les missions de maintien de la paix évoluent dans des contextes de plus en plus dangereux. Artillerie lourde, engins explosifs improvisés et drones armés figurent désormais parmi les menaces auxquelles sont confrontés les personnels onusiens. Malgré cette évolution, les poursuites judiciaires restent limitées.
Depuis la création des opérations de maintien de la paix en 1948, près de 4 500 Casques bleus ont perdu la vie, dont plus de 1 000 à la suite d'attaques délibérées. Aujourd'hui, plus de 50 000 militaires, policiers et personnels civils sont déployés sous le drapeau des Nations Unies dans plusieurs régions du monde.
Avertissement aux auteurs d'attaques contre les Casques bleus
La résolution instaure notamment un mécanisme de suivi renforcé. Le Secrétaire général devra présenter chaque année un rapport détaillé sur l'état des enquêtes et des poursuites liées aux attaques contre les Casques bleus. Un premier rapport est attendu dans les quatre prochains mois afin de proposer de nouvelles pistes pour améliorer encore le dispositif.
Le texte prévoit également la nomination d'un coordonnateur principal au sein du Secrétariat des Nations Unies. Sa mission sera de renforcer la coopération entre les missions onusiennes, les États hôtes et les pays contributeurs de troupes, tout en veillant à une meilleure utilisation des outils existants.
Le Conseil rappelle par ailleurs que la responsabilité première des enquêtes incombe aux États sur le territoire desquels les attaques sont commises. Ceux-ci pourront toutefois bénéficier d'un soutien technique et d'une assistance en matière d'investigation lorsque cela s'avérera nécessaire.
Pour le Pakistan, l'un des plus importants contributeurs aux opérations de maintien de la paix avec plus de 270 000 soldats déployés au fil des décennies et 183 Casques bleus morts en mission, cette résolution répond à une exigence à la fois opérationnelle et morale.
Les coauteurs du texte ont également voulu adresser un message politique fort. « Le soutien unanime à cette résolution envoie un signal clair », a déclaré l'ambassadrice du Danemark après le vote. Elle a assuré aux plus de 50 000 personnels actuellement engagés dans les missions de paix que le Conseil de sécurité demeurait pleinement à leurs côtés.
Un avertissement a également été lancé aux auteurs d'attaques contre les Casques bleus. Selon la diplomate danoise, la communauté internationale surveillera ces crimes et leurs responsables devront répondre de leurs actes devant la justice.
Pour autant, les promoteurs de la résolution soulignent que le travail ne fait que commencer. Son efficacité dépendra largement de la volonté des États concernés à enquêter, poursuivre les responsables et coopérer avec les Nations Unies. En inscrivant désormais cette question dans son suivi régulier, le Conseil de sécurité s'engage lui-même à rendre des comptes sur sa capacité à protéger ceux qu'il envoie préserver la paix.