Soudan-Éthiopie : accusations mutuelles et rappel d'ambassadeur

ARCHIVES - Le 1er février 2026, le personnel au sol de l'aéroport international de Khartoum accueille le premier vol intérieur de Sudan Airways en provenance de Port-Soudan.   -  
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Le Soudan et l'Éthiopie se sont mutuellement accusés mardi d'avoir violé le territoire de l'autre et de soutenir des forces insurgées. 

Les deux pays sont pourtant confrontés à une situation difficile en interne. Une guerre civile ravage le Soudan depuis 2023, tandis que l'Éthiopie voisine fait face à de multiples insurrections sur l'ensemble de son territoire. 

Selon les analystes, ces conflits s'intensifient et attirent des acteurs extérieurs issus de l'ensemble de la région. 

Mardi, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a accusé l'armée soudanaise de soutenir des "mercenaires" du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), dont la branche armée a mené une guerre civile contre le gouvernement fédéral de 2020 à 2022. 

Les relations entre le TPLF et Addis-Abeba restent tendues

"Le Soudan sert de plaque tournante à diverses forces anti-éthiopiennes", a déclaré le ministère des Affaires étrangères à Addis-Abeba, accusant les forces tigréennes de servir de mercenaires au Soudan. 

"Les forces armées soudanaises ont également fourni des armes et un soutien financier à ces mercenaires, facilitant ainsi leurs incursions le long de la frontière occidentale de l’Éthiopie", a-t-il ajouté. 

Un haut responsable du TPLF, Amanuel Assefa, a déclaré à l'AFP : "Nous n'avons aucun lien avec les autorités soudanaises." 

Il a ajouté que le gouvernement rejetait la responsabilité de ses échecs sur tout le monde "sauf sur lui-même". 

De son côté, le Soudan accuse aussi les autorités éthiopiennes de soutenir des forces armées qui tentent de déstabiliser le pays. Le porte-parole de l’armée soudanaise, Assim Awad, a déclaré lors d’une conférence de presse à Khartoum que des attaques de drones étaient lancées depuis l’Éthiopie en collaboration avec les Émirats arabes unis. 

Le Soudan a annoncé qu'il rappelait son ambassadeur à Addis-Abeba "pour consultation" à la suite de ces frappes de drones. 

Les Émirats arabes unis accusés 

Les Émirats arabes unis sont considérés comme le principal soutien des Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire en guerre contre le gouvernement soudanais depuis 2023, bien qu’ils nient ces accusations. 

"Les Émirats arabes unis notent cette intensification d'accusations infondées et de la propagande délibérée... qui sapent activement les efforts visant à mettre fin au conflit et à rétablir la stabilité", a déclaré un responsable émirati. 

"Ces mensonges s’inscrivent dans une stratégie calculée de diversion – consistant à rejeter la faute sur autrui pour échapper à la responsabilité de ses propres actes – et visent à prolonger la guerre et à entraver un véritable processus de paix", a ajouté le responsable émirati. 

Le porte-parole de l’armée soudanaise Assim Awad a déclaré que le Soudan disposait de "preuves irréfutables" selon lesquelles des drones de fabrication émiratie, lancés depuis la région de l’aéroport de Bahir Dar, au nord-est de l’Éthiopie, avaient frappé des positions de l’armée soudanaise dans plusieurs États les 1er et 17 mars derniers. 

Ils ont également pris pour cible des sites à Khartoum depuis vendredi, y compris l’aéroport de Khartoum lundi, a-t-il précisé. 

Il a déclaré que les données récupérées sur un drone abattu à El-Obeid, la capitale de l’État du Kordofan du Nord, montraient qu’il appartenait aux Émirats arabes unis et avait décollé de Bahir Dar. 

Lors de la même conférence de presse, le ministre des Affaires étrangères soudanais, Mohieddin Salem, proche de l’armée, a déclaré que son pays était prêt à "entrer dans une confrontation ouverte" avec l’Éthiopie "si cela s’avérait nécessaire". 

Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a rejeté ces allégations, estimant qu'elles sont "sans fondement". 

Attaques de drones

Les attaques de drones menées tant par l’armée soudanaise que par les FSR se sont intensifiées à travers le pays ces derniers mois. 

Mardi, une frappe de drone a touché une station-service à Kosti, dans l’État du Nil Blanc, à environ 300 kilomètres au sud de Khartoum. 

Elle a tué trois civils et en a blessé deux autres, ont indiqué des sources sécuritaires et médicales à l’AFP. 

Les FSR ont mené une série de frappes de drones sur Khartoum l’année dernière, visant principalement des sites militaires, des centrales électriques et des infrastructures hydrauliques. 

Bien que la capitale ait connu un calme relatif ces derniers mois, les attaques ont repris la semaine dernière. 

Elles ont tué cinq civils dans le sud d’Omdurman, de l’autre côté du Nil par rapport au centre de Khartoum, et endommagé un hôpital dans la région méridionale de Jebel Awliya. 

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