"Les cellules dansantes" relancent l’espoir d’un traitement contre la paralysie

Kgothatso Montjane, d'Afrique du Sud, lors des quarts de finale féminins en fauteuil roulant du tournoi de tennis de l'US Open à New York, le jeudi 9 septembre 2021.   -  
Copyright © africanews
AP Photo

Une avancée majeure dans la recherche sur la moelle épinière pourrait transformer la prise en charge des personnes paralysées. Des chercheurs de l’Université Northwestern ont développé des organoïdes ,des mini-modèles de moelle épinière issus de cellules souches humaines, capables de reproduire avec une grande précision les réactions d’un tissu nerveux après une lésion.

Publiée dans la revue Nature Biochemical Engineering, l’étude révèle que ces organoïdes ont retrouvé leurs fonctions grâce à un traitement expérimental innovant baptisé « molécules dansantes ».

Un modèle inédit pour comprendre les lésions

Ces mini-moelles épinières ne se contentent pas d’imiter la structure de l’organe : elles reproduisent également les mécanismes observés après une blessure, comme la mort cellulaire, l’inflammation et la formation de cicatrices gliales, un processus qui bloque habituellement la régénération des nerfs.

D’un diamètre d’environ trois millimètres après plusieurs mois de culture, ces organoïdes sont les plus complets conçus à ce jour. Ils intègrent notamment la microglie, des cellules immunitaires essentielles dans la réponse inflammatoire, rendant le modèle plus fidèle à la réalité humaine.

Cette innovation permet de tester des traitements directement sur des tissus humains, avec davantage de précision que les modèles animaux et sans les contraintes éthiques associées.

Une thérapie basée sur des nanofibres régénératrices

Le traitement expérimental repose sur un gel constitué de nanofibres. Injectées au niveau de la lésion, ces « molécules dansantes » créent un environnement favorable à la réparation : elles forment un support temporaire qui stimule les cellules nerveuses à se régénérer, avant de se transformer en nutriments absorbés par l’organisme.

Des travaux précédents chez la souris avaient déjà montré qu’une seule injection pouvait entraîner une récupération rapide après une paralysie. Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont reproduit différents types de traumatismes sur les organoïdes, simulant notamment des blessures par arme blanche et des accidents graves.

Résultat : la formation de cicatrices a nettement diminué et les fibres nerveuses ont recommencé à se développer de manière ordonnée, un signe encourageant de régénération.

Un espoir concret pour les patients

Chaque année, entre 250 000 et 500 000 personnes dans le monde subissent une lésion de la moelle épinière. Contrairement à certains animaux capables de régénérer leurs nerfs, l’être humain ne dispose pas naturellement de cette capacité.

Les chercheurs estiment que ces résultats renforcent les chances de succès de futurs essais cliniques. Leur objectif est désormais de perfectionner ces organoïdes en y intégrant des vaisseaux sanguins et en simulant des lésions plus anciennes, afin d’élargir les perspectives thérapeutiques.

Au-delà de la moelle épinière, cette technologie pourrait également servir à mieux comprendre et traiter d’autres traumatismes neurologiques, notamment les lésions cérébrales.

Si des étapes importantes restent à franchir avant une application clinique, cette découverte représente un tournant prometteur dans la quête d’un traitement efficace contre la paralysie.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>