Ouganda : Yoweri Museveni défend sa victoire à la présidentielle

Le président ougandais Yoweri Museveni s'exprime lors des célébrations du 60e anniversaire de l'indépendance, à Kololo, en Ouganda, le dimanche 9 octobre 2022.   -  
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Le président ougandais Yoweri Museveni a déclaré dimanche que sa large victoire à l’élection présidentielle confirmait la domination de son parti, au pouvoir depuis près de quarante ans. S’exprimant au lendemain du scrutin, il a estimé que le résultat offrait « un bon aperçu de la force » du parti au pouvoir.

L’opposition a eu de la chance , a affirmé Museveni, évoquant le faible taux de participation enregistré lors du vote de jeudi. Selon les chiffres officiels, seuls 52 % des électeurs se sont rendus aux urnes, le taux le plus bas depuis le retour du multipartisme en Ouganda en 2006. Dix millions de mes concitoyens ne se sont pas présentés. Ils auraient été très embarrassés , a-t-il ajouté.

S’adressant à la nation depuis sa résidence secondaire dans l’ouest du pays, devant plusieurs dignitaires, le président a déclaré penser que nombre des abstentionnistes étaient des partisans de son propre camp.

Selon les résultats officiels, Yoweri Museveni a obtenu 71,6 % des voix, contre 24,7 % pour son principal rival, le chef de l’opposition Bobi Wine. Ce dernier, de son vrai nom Kyagulanyi Ssentamu, a rejeté ces résultats, les qualifiant de frauduleux. À 43 ans, l’ancien musicien devenu homme politique dispose d’un recours possible devant les tribunaux, bien que ceux-ci aient, par le passé, rejeté les contestations électorales de l’opposition, tout en recommandant des réformes du système électoral.

Âgé de 81 ans, Museveni s’apprête à entamer un septième mandat, le rapprochant de cinq décennies au pouvoir, ce qui fait de lui l’un des dirigeants africains en fonction depuis le plus longtemps. Ses partisans mettent en avant la paix et la stabilité relatives du pays, devenu un refuge pour des centaines de milliers de personnes fuyant les conflits régionaux.

Black-out et tensions pendant et après le scrutin

Dans son discours, le président a accusé l’opposition d’avoir cherché à provoquer des violences durant le scrutin. Il a notamment évoqué la mort d’au moins sept partisans de l’opposition, tués par la police après une attaque à la machette contre un bureau de vote dans le district central de Mpigi. Il a également appelé les responsables religieux à dialoguer avec les jeunes, qu’il estime vulnérables aux appels à la violence.

Le processus électoral a été marqué par plusieurs incidents, dont une coupure d’Internet de plusieurs jours et des défaillances des machines d’identification biométrique, ayant retardé l’ouverture des bureaux de vote dans certaines régions, notamment à Kampala. Bobi Wine a dénoncé des fraudes dans des zones considérées comme des bastions du pouvoir et a affirmé que ces dysfonctionnements pourraient fonder un recours juridique.

La campagne s’est déroulée sous une forte présence des forces de sécurité. Bobi Wine affirme avoir été suivi et que ses partisans ont été régulièrement dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes. Craignant pour sa sécurité, il a mené sa campagne vêtu d’un gilet pare-balles et d’un casque.

Yoweri Museveni est resté au pouvoir en modifiant à plusieurs reprises le cadre constitutionnel, notamment en supprimant la limitation du nombre de mandats et les restrictions d’âge. Plusieurs rivaux politiques ont été emprisonnés ou écartés, et le président n’a pas désigné de successeur. Kizza Besigye, figure historique de l’opposition et candidat à quatre élections présidentielles, est toujours détenu pour trahison, une accusation qu’il juge politiquement motivée.

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